Guinea Airlines : une compagnie et … des interrogations

La mise en place d’une nouvelle compagnie aérienne – Guinée Airlines – sous la coupole d’Antonio Souaré, patron de Guinée Games et consorts distille à s’y méprendre, de fortes odeurs politiques, de mépris et pour une large mesure d’excès de zèle chez bien des faiseurs de roi. A telle enseigne qu’elle appelle à un optimisme vraiment mesuré.

Une compagnie aérienne aux couleurs nationales, à travers un opérateur économique – pas d’Alpha Condé qui avait annoncé le premier vol d’Air Guinée en fin janvier mais on scrute toujours le ciel sans rien y sentir -, quoi de plus appréciable, si on concevait cette venue comme une simple trouvaille bien à propos qui pourrait profiter aux Guinéens et à d’autres ! On ne sait vraiment pourquoi tout en Guinée tout est estampillé politique. Bienvenue quand même à Guinée Airlines, pourrait-on dire.

Il reste que bien des interrogations alimentent encore les débats dans la capitale à propos de cette ligne: cette compagnie est-elle le fruit d’un partenariat public-privé, parce qu’on parle de la France, de la Türkiye entre autres ? Guinée Airlines dispose de combien d’avions ? Les aérodromes de Kankan, Labé, N’zérékoré, etc., sont-ils réceptifs aux avions du genre ? Cette flotte, comme c’en est une, assure-t-elle les voyages répétitifs d’Alpha Condé ou elle est à la solde de son géniteur, Antonio Souaré ? Enfin, a-t-on vraiment besoin de narguer des politiciens pour envoyer dans les airs des avions ‘’made in Guinée is back’’ ? Guinée Airlines est-elle différente d’Air Guinée dont parle Alpha Condé et son ministre aux fausses annonces, Oyé Guilavogui ? Le prix des billets seront-ils à la hauteur des Guinéens moyens ? Quelles garanties a-t-on pour la sûreté ? Jusqu’où la pesanteur du pouvoir va-t-elle tuer cette compagnie avec des voyages intempestifs de certains hauts perchés ?

Des questions et bien d’autres encore dont les réponses sont loin d’être trouvées mais qui aliment la polémique. Déjà, un député se prononce : « Un avion à réaction ne peut atterrir sur des pistes non bitumées », tranche-t-il avant d’ajouter : « Un avion de cette taille (moins de cent places, selon des sources, NDLR) n’est pas financièrement rentable dans des conditions actuelles ». Kalémodou Yansané risque de se faire taper ou se faire tirer les oreilles par les aveuglés à outrance de la trouvaille aux allures politiques.

Guinee Airlines ? On veut bien voir le ciel guinéen ouvert à des avions inter régions au-delà des états chaotiques des routes interurbaines. Certainement, on aura, dans les prochains jours ce qui se passe à l’envers du décor. Quand le niveau d’adrénaline politique va baisser. En attendant, crions ensemble : « 15 ans après la vente d’Air Guinée, ils veulent encore nous gouverner mais le Pr Alpha Condé a prouvé qu’il aime la Guinée… » Désespérant amalgame !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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