GUINEE : Alpha Condé symboliquement mis en accusation

Dans les faits, l’acte n’aura aucune incidence, vu le fait que la mouvance présidentielle est archi-majoritaire à l’Assemblée nationale et parce que la Haute cour de justice (HCJ) n’a pas encore été créée. Mais pour le principe, l’opposition guinéenne, à travers le groupe parlementaire des Libéraux démocrates est allée au bout de sa démarche en mettent formellement en accusation le président Alpha Condé. C’était à l’occasion de la plénière du lundi 4 juillet.

Le groupe parlementaire formé par les députés de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et de ses partis alliés accuse le président Alpha Condé de Haute trahison. Ses accusateurs évoquent à l’appui d’une telle charge le fait qu’il continue encore à présider les Assemblées hebdomadaires du RPG-arc-en-ciel. Selon eux, c’est là une violation de la loi notamment de la constitution en son article 38. Ensuite, ils invoquent son refus à mettre en place la Haute cour de justice (HCJ), seule instance habilitée à le juger et dont toutes les conditions de création sont désormais réunies. En effet, les membres de cette institution sont fournis par les autres institutions telles l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle, la Cour des comptes, etc.

Cette mise en cause parait donc légitime. Mais il y a de fortes chances qu’elle demeure à l’état symbolique. Car la mouvance étant majoritaire ne la laissera certainement pas prospérer. Par ailleurs, même si elle prospérait, cela risque d’être sans suite car l’institution ayant les compétences de son éventuel jugement n’étant pas encore créée. Mais le député Ousmane Gaoual Diallo, un des initiateurs de la démarche, pense qu’il fallait poser l’acte formel et laisser au peuple le soin de juger de qui bloque le processus.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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