En Guinée, AMR fait « green » mine

Cela faisait vingt ans que la France avait délaissé la bauxite guinéenne… Jusqu’à ce que l’Alliance minière responsable (AMR), une entreprise française qui veut instituer des relations plus équitables avec ses fournisseurs, formule une demande de permis d’exploitation à l’administration d’Alpha Condé… Explications.

 Ayant tous deux vécu en Guinée, les présidents d’AMR, Romain Girbal et Thibault Launay, ont semble-t-il été animés d’un sentiment de nostalgie qui les a poussés à investir dans la préfecture de Boké, à l’ouest du pays. Ils se sont intéressés de près à la bauxite, mais avec une approche originale. La responsabilité sociale d’AMR constitue le pilier du projet de développement. Une responsabilité déclinée en trois axes : Approche Locale, Sécurité Environnementale et Respect des Lois & Ethique. « AMR s’engage à développer ses activités dans le respect de l’environnement et des populations locales », peut-on lire sur leur charte éthique. L’entreprise a ainsi déployé « une équipe compétente et expérimentée » à Boké afin d’identifier les besoins de la population locale en termes sociaux et environnementaux. Par ailleurs, AMR veille à respecter à la lettre les législations locales et affirme adhérer à une stricte politique anti-corruption. Dans sa charte, l’entreprise stipule mettre « un point d’honneur à se conformer aux obligations du code minier et à travailler en toute transparence avec les autorités locales ».

Le projet permettrait de créer entre 400 et 500 emplois dans l’extraction de la bauxite destinée à être exportée, la transformation en aluminium, très gourmande en énergie, se faisant généralement à proximité de centrales électriques.

Le gisement est situé à quelque 35 km de la côte. Les fonds collectés ont permis à AMR d’achever une campagne d’exploration fructueuse : 900 forages ont révélé un potentiel de 450 millions de tonnes de bauxite. Voilà de quoi rassurer la société française quant à l’obtention de son permis, prévue pour septembre prochain.

AMR veut faire oublier Péchiney

A la fin des années 1950, la Guinée est en pleine décolonisation. Un consortium européen mené par le groupe industriel Péchiney étudie alors les possibilités de développement d’une industrie alumine sur le continent africain. En 1958, le projet est en passe de se réaliser mais le général de Gaulle, pris à partie par Sékou Touré (premier président de la République de Guinée) lors d’un discours, choisit de rompre les relations entre la France et la Guinée. A la suite de cet incident diplomatique, Péchiney choisit d’installer son exploitation à 160 km de Conakry, la capitale. Et de lourds soupçons d’espionnage du gouvernement pèsent sur le groupe français…

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