GUINEE : La CENI, incorrigible

En Guinée, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) souffre manifestement d’un mal incurable. Indépendamment des hommes qui la composent et de ceux qui la dirigent, le mal en question demeure. Il en est ainsi de 2010 à nos jours. En témoignent les circonstances dans lesquelles elle vient d’annoncer une nouvelle date pour la tenue des élections communales. Annonce suivie aussitôt d’une désapprobation générale de la part des Etats-majors politique, à l’exception notable du RPG-arc-en-ciel.

L’organe électoral a une fâcheuse tendance à susciter la polémique. Incapable de faire autrement, elle rame toujours à contre-courant de la volonté des acteurs politiques et du bon sens. Le seul dont les avis ont toujours compté dans la programmation des activités de la CENI, c’est bien le pouvoir. C’est ainsi qu’alors que tous les acteurs s’étaient entendus via les accords du 20 août 2015 pour que les élections locales se tiennent au plus tard le 30 juin 2016, Bakary Fofana et ses collègues se sont retrouvés en février 2016 à Kindia pour identifier des contraintes qui, estimaient-ils, n’étaient pas de nature à aider à respecter les dispositions de l’accord politique du 20 août. Puis, progressivement, la CENI a elle-même programmé les élections pour le mois d’octobre, sans en préciser une date.

Et aujourd’hui, à la surprise générale, les fameuses contraintes autour desquelles tant d’ateliers ont été organisés par l’institution, ont disparu. Aussitôt, s’isolant des autres acteurs et à la veille de la relance d’un dialogue dont un des points phares c’est bien ce calendrier, la CENI annonce le 18 décembre 2016, comme date de l’élection communale. A ce niveau également, sans aucune contestation préalable, elle prend sur elle de sérier les élections, en ne prenant en compte que les élections communales et en excluant celles locales.

Des manières de faire qui, par le passé, auront démontré leurs limites. Pour ce qui est en particulier des élections législatives de 2014, c’est ce type d’approche solitaire qui avait entrainé les reports successifs. Un scénario qui risque bien de se répéter avec ces élections communales. Et c’est à se demander si ce n’est pas l’objectif recherché.

Anna Diakité, www.kababachir.com 

 

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