Guinée : Crise de liquidité dans les banques

Depuis plusieurs jours, les banques primaires traversent une crise de liquidité, leur empêchant d’assurer certains payements. Une situation qui suscite la colère des clients des banques.

Rencontré dans une banque de la place, Mamadou Aliou Bah déplore cet état de fait et appelle l’Etat à s’impliquer pour résoudre cette crise.

« Moi j’avais un chèque de 10 millions que je devais débloquer l’argent à la Société Générale des Banques en Guinée (SGBG), pour une affaire urgente, mais on me dit que je peux pas décaisser plus d’un million de francs guinéens dans tous les guichets de la banque. C’est une situation inquiétante qui interpelle l’Etat à travers la Banque centrale qui doit forcément s’impliquer pour résoudre cette crise qui ne dit pas son nom », a déploré ce citoyen rencontré lundi matin à Kaloum.

Selon une source bancaire, l’Etat guinéen reste devoir plusieurs milliards aux banques primaires de la place, dans le cadre du payement des salaires des fonctionnaires. Ces banques, précise notre source, auraient pré financé les salaires des fonctionnaires, sans être payés par l’Etat. Une situation qui ne les conforte pas et qui risque d’avoir des répercussions dans les activités économiques du pays.

Autres constats, la plupart des fonctionnaires ont été payés le mois passé à travers les billets de 20 mille francs guinéens. Une attitude qui laisse planer un doute sur le recours des planches à billets par l’Etat guinéen pour tenter de résoudre la crise économique, mais dont les conséquences sont incalculables pour la stabilité monétaire et l’inflation qui a déjà franchi la ligne rouge.

Depuis la dernière présidentielle de 2015, où on a assisté à des sorties d’importantes sommes d’argent dans les caisses de l’Etat pour la campagne électorale, la Guinée peine à se relever de la situation socioéconomique, caractérisée par une baisse considérable du pouvoir d’achat et la flambée des prix des biens et des services, due à l’augmentation fantaisiste des taxes et droits de douane.

Ce qui fait qu’aujourd’hui la dette publique de l’Etat a atteint une proportion inquiétante et, vis-à-vis des partenaires bi et multilatéraux, l’Etat guinée est soumis à un échéancier contraignant et ne peut pour l’instant répondre aux revendications des syndicats, qui plaident pour une réduction du prix du carburant à la pompe, conformément à la flexibilité du prix des produits pétroliers au marché mondial.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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