Guinée : Les parents d’élèves préoccupés par la grève des enseignants

Alors que rien n’a encore filtré de la rencontre du mercredi 15 février, entre le Chef de l’Etat et les leaders syndicaux au palais Sékhoutouréya,  les parents d’élèves s’inquiètent de l’ampleur de la crise qui secoue actuellement le secteur de l’éducation et craignent une année blanche.

Se confiant à kababachir.com, au cours d’un entretien téléphonique, M. Alimou Diallo, dont les enfants étudient dans une école privée de la place, s’insurge contre la décision du gouvernement de fermer les écoles publiques et privées jusqu’à nouvel ordre.

Pour ce banquier, l’Etat a failli à sa responsabilité : «On ne peut pas comprendre que l’Etat remet en cause tous les acquis obtenus lors des négociations précédentes,  notamment au niveau de la valeur indiciaire qui a chuté de 1030 au temps de Lansana Conté à 751 aujourd’hui. En plus, frustrer les enseignants et leur dire qu’il n’est pas question d’augmenter les salaires et puis, décider de fermer les écoles», s’insurge ce parent d’élève.

Parlant du cas des enseignants contractuels, ce parent d’élève estime que cette grève se justifie, parce que, dit-il, «Quant tu emplois quelqu’un pendant 5 ans cela veut dire qu’il est d’abord compétent, ensuite il est assidu. On ne peut pas comprendre qu’un beau matin on les jette à la poubelle et on reprend le processus à zéro », déplore-t-il.

Et Monsieur Diallo de poursuivre : « Bientôt un mois, les enfants sont à la maison et nous on continue à subir l’incompétence du gouvernement guinéen, c’est l’avenir des enfants qui est en  jeu,  et c’est le pays qui est en danger. Dans aucun pays du monde, on ne peut voir ça», a-t-il fait remarquer .

Avant de conclure : « En tant que parents d’élèves, si la situation perdure, on risque de prendre le devant, parce que c’est l’avenir du pays qui est en jeu », soutient notre interlocuteur, qui se dit préoccupé par la crise que traverse en ce moment  le secteur de l’éducation même s’il dit comprendre la revendication salariale des enseignants.

Abordant dans le même sens, Ibrahima Camara, fonctionnaire de son état estime de son côté que le gouvernement joue avec le feu, car, estime-t-il, ‘’plus le temps passe, plus la crise s’accentue, et il faut se rappeler que la grève des enseignants avait été à l’origine de la crise qui avait secoué la Guinée’’, se souvient-il.

De son côté, Mme Marie Traoré, lance un appel aux autorités guinéennes afin de trouver les voies et moyens devant permettre de trouver une solution à la crise, mais elle prône pour la non violence.

A rappeler qu’au terme d’une rencontre ce jeudi à la Bourse de travail, les syndicalistes ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève, afin de maintenir la pression sur le gouvernement.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.