Guinée : la trêve menacée

Depuis la rencontre, le 1er septembre 2016, entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo et l’accord politique du 12 octobre qui en était sorti, la Guinée connaissait un semblant d’accalmie. L’opposition, croyant naïvement aux engagements du président de la République, s’était garder de critiquer et de descendre dans la rue. Mais les choses sont parties pour changer. Parce qu’au fil du temps, Cellou Dalein et Cie, à leur tour, réalisent la duplicité du chef de l’Etat.

Il y a quelques mois, le chef de file de l’opposition, s’exprimant au siège de l’UFDG en marge d’une Assemblée générale de son parti, confiait placer sa confiance au président de la République. De toute évidence, ce climat semble de plus en plus révolu. En tout si on s’en tient à certains des propos que son lieutenant en la personne de Fodé Oussou Fofana, président l’Assemblée d’hier, a tenus. En effet, selon le vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et président du groupe parlementaire des Libéraux démocrates, les risques que l’accord politique du 12 octobre 2016, ne soit pas appliqué sont désormais réels. Et, fait nouveau, l’opposition en est pleinement consciente.

Et après avoir déploré le paradoxe qui, de la part des autorités et du parti au pouvoir, consisterait à nier des dispositions de l’accord qu’ils auraient eux-mêmes proposé, Fodé Oussou Fofana a indiqué que la non application des conclusions du dernier dialogue signerait la fin de la trêve. Prenant exemple sur le mode de désignation des chefs de quartiers et de districts, le vice-président de l’UFDG a laissé entendre que si, au lieu de faire élire ces responsables à la base, le pouvoir s’amusait à les nommer, l’opposition répliquerait de même en désignant les siens à elle. Et c’est dire que l’on s’achemine vers la rupture. Pour ce qui est de la confiance, on sent bien qu’elle a cédé la place à la défiance et à la suspicion.

Un climat qui annonce un début d’année plutôt tendu en Guinée. Surtout que dans la foulée, des observateurs font part de leur scepticisme quant à la tenue des élections locales au mois de février conformément aux dispositions du même accord.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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