La Guinée vers l’implosion : société civile, montre-toi !

La Guinée d’Alpha Condé souffre dans toutes ses dimensions. La population étouffe et suffoque. L’argent est difficilement trouvable, alors que ceux qui sont proches du cercle familial et administratif font la pluie et le beau temps. Ils s’achètent des villas à des centaines de millions GNF et roulent dans des voitures d’une rare insolence. Pourtant on parle encore d’Ebola. Des séquelles de ce virus. Même si avant lui, aucune perspective n’était viable.

C’est donc la lassitude, le ras-le-bol. L’opposition républicaine crie à la panne du dialogue politique, elle fustige la gouvernance d’Alpha Condé. Des militants de première heure du parti présidentiel rompent les rangs ou se font exclure tout bonnement. Le pays est en lambeaux. Pour Dalein Diallo, « Le changement attendu n’est pas venu, on a vu le progrès en marche, le bâtisseur, on a vu tous les slogans de campagne mais la réalité que chacun de vous vit aujourd’hui chez lui, vous la connaissez. En terme de statistique, c’est vrai il n’y a pas eu de croissance, en 2013 il n’y a eu que 3% de croissance, en 2014 une croissance nulle et en 2015 une croissance négative. Un seul coupable, Abola pas Ebola. Je répète peut-être la même chose, ce n’est pas Ebola c’est la mauvaise gestion. » Cette lecture triste de ce quinquennat devrait interpeller la société civile, car, la mauvaise gouvernance a entrainé la forte dépréciation de la monnaie et la hausse des prix, une hausse des prix aggravée par l’augmentation des taxes et l’extension de la TVA sur tous les produits de 1ère nécessité. »

Dansa Kourouma et sa suite doivent se lever et interpeller le gouvernement et Alpha Condé lui-même. Demain, si la Guinée brûle, cette société civile-là, aura à payer le plus lourd tribut, parce que n’ayant pas joué son rôle. Elle doit s’inspirer des pays voisins où les mouvements sociaux, loin d’être politiques, sont bien implantés et écoutés par le pouvoir central.

Balai citoyen, Y en à marre, et qui d’autres. Ici en Guinée, c’est la lutte pour le positionnement dans l’administration publique. Une option désuète. « Personne ne sera épargnée, que ça soit monsieur Condé, la mouvance, l’opposition, la société civile, les sages, les religieux, cette situation regarde tous les Guinéens au jour d’aujourd’hui. Vous voyez un président qui traîne les pieds et en étouffant tout ce qui vient du côté de l’unité », se lâche un observateur de la scène politique guinéenne. La Guinée est au bord de l’implosion. Si on y prend garde.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.