Habitudes vestimentaires : on dépoussière les anciennes pratiques

C’est un grand soulagement à cette fin de Ramadan, qui se lit déjà sur le visage de bien des (fidèles) musulmans. Les jeans et casquettes à l’envers pour les jeunes, les robes moulantes et autres tenues suggestives pour les filles ont, pendant un mois, été rangés dans les placards pour arborer tout sagement des boubous souvent achetés à l’occasion du Ramadan.

Bonnets d’un côté, burnous et autres grandes voiles de l’autre ont imposé d’autres habitudes vestimentaires des pratiquants de l’Islam. Mais déjà, à la veille de la fête, on a commencé à dépoussiérer les anciennes pratiques : les salons de coiffure sont bondés. Ce qui était considéré jusque-là comme un tabou est devenu un précieux sésame : les mèches de toutes les couleurs et de tous les prix. On se coiffe avec toutes sortes de modèles. Des plus appréciables aux plus bizarres. On vogue avec son temps, non !

Mlle Djenab Diallo, les ongles et les doigts déjà bien mis, sa tête est entre trois tresseuses. Chacun faisant de son mieux pour libérer cette cliente venue depuis la petite matinée de ce samedi. « Oui, je suis contente d’avoir accompli le jeûne, maintenant, on prépare la fête. Et pour cela, il faut se rendre plus belle. Les voiles se sont  reposées désormais et ne seront reprises qu’aux heures de prières », lance-t-elle, sourire en coin, plongée dans son téléphone portable déjà bourré de photos de la nouvelle tête. Juste à côté, la patronne du salon elle, se plaint du manque de clientes. Ou plutôt celles qui paient rubis sur ongle. « Ce sont des connaissances toutes celles qui passent ici. Mais je regrette, elles ne paient pas toutes. Les prestations réalisées sont à moitié payées, le reste de la partie sera épongée après la fête. Je comprends chacune de mes clientes. Les temps sont durs, mais on fait avec », se lâche Mimi Soumah, les faux cils déjà fixés ainsi que des fausses ongles.

Aucun périmètre de ce minuscule salon n’échappe. Tout est occupé, on tresse ici, on déstresse là. Le tout dans une cacophonie sans suite. Une période de traite qui ne livre pour autant pas tous les bénéfices… Dans les autres salons de coiffure pour homme, le même monde s’agglutine. Mais, là, c’est souvent les enfants. Moins cher et moins éprouvant, cette coiffure pour homme fait aussi des recettes. C’est donc tant mieux. Pourvu que la fête soit belle.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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