Hamdallaye 18 heures : un marché à la sauvette qui prend corps !

Le grand rondpoint d’Hamdallaye dans la Commune de Ratomaaccueille tous les soirs une bonne meute de vendeuses de friperie. Celles-ci se disputent le périmètre devenu trop étroit avec des jeunes pour l’essentiel Nigérians excellant dans la vente des chaussures pour femmes. Un marché certes à la sauvette mais qui prend corps en toutes saisons. Bienvenu à Hamdallaye 18 heures.

Cette appellation intrigue certains mais, c’est vraiment mal connaitre son fonctionnement. Ici en effet, les ballots sortent à 18h, mais, au regard de l’affluence d’acheteurs, dès que le soleil s’incline dans l’après-midi, on accourt et on s’y installe jusqu’en début de soirée, lampadaires solaires aidant. Tout se négocie : habits pour enfants, nouveau-nés, décolletés pour jeunes filles, etc. Chacun y trouve son compte et manifestement à bon prix.  Ça grouille tous les soirs d’un côté, de l’autre, les mordus du cuir rond se la coulent douce.

A un moment donné, à l’occasion de l’arrivée du roi du Maroc, c’est le Premier ministre lui-même qui faisait du porte à porte pour faire libérer les chaussées déjà rétrécies. Comme toujours, ce fut un feu de paille. Il y a peu, le gouverneur de la ville avait tout simplement voulu interdire aux uns et aux autres d’occuper les places publiques. La brutalité n’est pas écartée pour récupérer les espaces squattés.  En lieu et place, des espaces verts, promet-il : « Peut-être que vous apprendrez qu’on va brutaliser, mais il faut qu’on parle le même langage. Les ronds-points ne sont pas faits pour jouer au ballon. »

C’est ce même Maturin qui, à proximité de Hamadallaye 18 heures, fait aménager des jeux de lumières et des guirlandes dans le sillage de Noel. Il ne parle même plus de ses interdictions : barrer les routes pour célébrer des mariages ou jouer au foot. On le comprend, il était sous l’euphorie de sa promotion.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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