IMMIGRATION : des Guinéens dans la ligne de mire de Trump

C’était prévisible, mais personne n’avait parié sur le fait que ce serait aussi prompt, encore moins que ce serait si massif. Depuis son installation dans le bureau ovale de la Maison blanche, Donald Trump secoue le monde entier notamment à travers son attitude anti-immigration. Si son fameux décret ciblant les sept pays musulmans dont les citoyens sont interdits de séjour aux Etats-Unis fait davantage parler, il y a que dans un contexte moins médiatique, des expatriés d’autres pays se font expulser sans ménagement. Au nombre des pays concernés, la Guinée dont plus de 2000 ressortissants sont menacés.
A la décharge de l’administration Trump, les Guinéens dont il est question seraient en conflit avec les lois américaines. A défaut d’être en situation irrégulière, ils sont reconnus coupables de faux et usage de faux, de vente ou de consommation de drogue, de viol, d’association de malfaiteurs, etc. En somme, c’est une procédure qui a toujours été appliquée par les Etats-Unis. Mais la spécificité avec Donald Trump, c’est l’excès de zèle et de fermeté avec lequel on voudrait traiter ces dossiers. Ainsi, des citoyens dont les demandes de régularisation sont en cours de traitement, seraient concernés par les mesures d’expulsion. Par ailleurs, l’ambassadeur de la Guinée aux Etats-Unis, Mamady Condé, ne s’en cache pas. L’administration américaine lui a signifié que son pays ne coopère pas, c’est tout le pays qui en subirait les conséquences du fait du refus systématique d’accorder à ses ressortissants des visas pour les Etats-Unis.
Voilà qui devrait interpeller les autorités guinéennes, de manière à réveiller leurs consciences. Parce qu’il ne sert à rien de se cacher derrière le fait que ceux qui sont menacés d’expulsion seraient criminels. Ce qui est véritablement en jeu, c’est le fait qu’on ne crée pas de conditions qui encouragent les Guinéens à demeurer dans leur pays. Entre les persécutions en tous genres et l’absence de perspective économique, la jeunesse n’a pas nécessairement le choix. Du coup, il faut sortir des vœux pieux et s’attaquer au problème. Ainsi, à défaut de l’avoir réussi avec Ebola, la Guinée pourrait faire de cette humiliante situation, un déclic…
Ainsi soit-il
Anna Diakité, www.kababachir.com 

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