Indemnisation des victimes des manifs : ce qui retarde l’opération…

L’indemnisation des victimes des manifestations politiques de 2013 retarde, notamment à cause d’une lenteur liée à des listes de victimes. « Nous avons demandé de nous déposer la liste et les circonstances de décès. Depuis octobre 2016 jusqu’aujourd’hui, nous n’avons eu qu’une liste partielle. Mais dans le budget 2017, nous avons fait des prévisions au cas où. Nous ne pouvons pas commencer à indemniser sur la base d’une liste partielle. Sur ce point, nous attendons les partis qui déclarent avoir des victimes », a précisé Damaro Camara, samedi dernier, à Conakry.

On comprend donc pourquoi le retard. Seule évidence, cette indemnisation devrait être un camouflet pour un certain Bantama Sow, agité à un moment donné et parlant au nom de son parti : « Personne ne dédommagera personne. L’opposition doit être la première à respecter la loi. Malgré les pillages, l’opposition n’a pas arrêté ses marches politiques. »

Guidé par son militantisme revanchard à outrance, Bantama, supposé être l’un des fils spirituels d’Alpha Condé, voulait à l’époque remettre en cause les minces acquis entre pouvoir et opposition. En français et en langue malinké, BantamaSow – en lieu et place du porte-parole du gouvernement ou du ministre de la Justice, qui est déjà l’un des facilitateurs du dialogue inter guinéen à l’époque qui peine d’ailleurs à trouver ses conclusions consensuelles – se perd en conjectures et souffle visiblement sur les braises à peine dissimulées dans la cendre.La sortie de BantamaSow on ne peut plus a caressé à rebrousse-poil le GOHA, certes, mais surtout Cheick Sackho qui se demande encore de quoi se mêle son homologue des Guinéens de l’étranger. C’est pourquoi, déjà imprégné des accords, le Garde des Sceaux a très vite fait de recadrer celui que bien des Guinéens ont appelé à un moment donné, ‘’le Blé Goudé guinéen’’.

Me Cheickh Sackho, profitant lundi à l’installation   de deux Commissions sur les prisons et les victimes, a tout simplement levé un coin du voile qui tranche dans le vif comme pour recadrer BantamaSow: « L’indemnisation est prévue dans les accords politiques qui ont été signés au mois de  juillet 2013. Cela a également  fait l’objet d’une discussion et d’un point arrêté d’un commun accord par les parties. Il n’y a pas de doute sur le principe de l’indemnisation des victimes, étant entendu qu’elle répondra à des procédures. »

Aujourd’hui, Bantama ne sait plus où donner de la tête depuis l’annonce de la fameuse indemnisation.

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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