Indemnisation des victimes des violences politiques : Un point de blocage ?

Si un accord a été obtenu sur le report des élections communales et communautaires pour le mois de février 2017 et la nomination des Chefs des quartiers et des districts en fonction des résultats du scrutin communal et communautaire, les acteurs politiques restent bloqués sur la question de l’indemnisation des victimes des manifestations politiques.

La question a été abordée vendredi au compte de la 10ème journée des débats entre pouvoir et opposition.

« Nous avons dit que l’indemnisation des victimes est un principe qui a été retenu et qui doit être distinct de la procédure judiciaire, puisque ce ne sont pas les personnes qui vont être convaincues des culpabilités dans les violences exercées contre les manifestants qui vont les indemniser. C’est tout simplement l’Etat. Nous avons fait une proposition qui, malheureusement, n’a pas été acceptée. Donc, nous avons dit que sur cette question, nous sommes intransigeants », a fait savoir Aboubacar Sylla au sortir de la salle des actes du palais du peuple.

Vu qu’aucun accord n’a été trouvé sur cette question, les débats ont été reportés pour lundi, pour que dit-on, la nuit porte conseil aux différents acteurs.

« Concernant l’indemnisation, je crois que la semaine va porter conseils et nous allons nous retrouver lundi pour trouver une solution à ce point. Pour nous, l’indemnisation ne peut se faire que par la justice. C’est-à-dire qu’on ne peut pas indemniser quelqu’un si on ne sait pas qui doit être indemnisé et qui doit le faire, comment on doit le faire. Les jours à venir nous le prouveront. Mais nous sommes sur la bonne trajectoire », laisse espérer le porte parole de l’opposition guinéenne.

Au cours de l’Assemblée générale hebdomadaire du parti présidentiel ce samedi, cette question était inscrite à l’ordre du jour.

Pour Lansana Komara, la question est de savoir qui va identifier les victimes : « Quand nos amis d’en face disent qu’ils sont victimes, nous aussi nous sommes victimes, le gouvernement aussi est victime parce que vous avez vu pendant ces manifestations, des gens qui ont pris des fusils pour tirer à bout portant sur des hommes en uniformes, il y a eu des blessés par balles. Donc, chacun est en train de tirer la couverture de son côté. Pour ce faire en il serait bon de commettre la justice à ce travail pour savoir qui a tiré sur qui, qui a perdu quoi, qu’est ce qu’il faut faire, à combien peut-on évaluer ça ? C’est là-bas que le débat est maintenant. Bon, nos camarades d’en face voudraient nous sortir de cette responsabilité de l’Etat et commettre des commissions bipartites ou multipartites, pour pouvoir résoudre ce problème. Donc le débat est à ce niveau », explique ce responsable politique du RPG-Arc-en-ciel.

Mariam Diallo, www.kababachir.com

 

 

 

 

 

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