Injures publiques : Condé devrait-il être colérique ?

Des proverbes d’Alpha Condé tirés pour l’essentiel de la langue soussou sont légion. Ceux qui trainent dans la boue des opposants ou des syndicalistes ou encore de simples contestataires. Comme ces étudiants aux tablettes oubliées.

Un bref aperçu permettra à chacun de se faire une idée sur le pourquoi Alpha Condé ne devrait vraiment pas être colérique contre : « les petits drogués » que sont certainement Elie Kamono, Djani Alpha et Takana Zion, artistes guinéens et stars de la musique urbaine très écoutées ; le « petit bandit » qu’est AbdourahmaneSanoh de la PCUD et ancien ministre démissionnaire sous la junte. On ne parle pas du « rebelle » syndicaliste qu’est le camarade Aboubacar Soumah du SLECG. On ne parle pas non plus de « ces nains politiques » et « petits comptables », ainsi que les « mal élevés » réclamant leurs tablettes promises. Qui a dit que « Plus le singe monte, plus on voit son d… ? ». Ce n’est pas tout ! Qui a aussi dit « Laisser les chiens aboyer », faisant allusions aux opposants qui perturbent le sommeil ? Vraiment, Alpha Condé ne devrait pas se fâcher.

En effet, son costume de président de la République devrait lui interdire de tenir certains discours truffés d’injures publiques. A la seule différence, ceux qu’il indexe être ses insulteurs n’ont fait que dénoncer les velléités de 3è mandat, l’affairisme, le clientélisme et les compromissions de certains hauts-perchés de l’Etat pour faire passer le projet périlleux. Nulle part en effet, le président n’est égalé en matière d’injures. Les artistes dénoncent tout simplement. Les leaders politiques autant. Avec Alpha Condé, on sait déjà le projet : effrayer les uns, soudoyer les autres et dresser un troisième groupe contre d’autres et puis rester en arbitre…partial. Il est évident que si le président ôte son manteau pour s’attaquer ouvertement à des opposants, ceux-ci, piétineront l’institution qu’il devrait incarner pour répliquer avec autant de véhémence, car, ça devient un affrontement entre citoyens.

Et il n’en fait pas mystère : « Je suis venu vous dire,  je laisse mon manteau de président de côté. Je prends mon manteau de militant, car maintenant, je suis prêt à la bataille contre ces gens qui veulent nous distraire. Nous n’allons plus permettre que des gens prennent le peuple en otage par des mensonges. » Grosse incohérence tout de même. Il se cache au même moment derrière la Constitution : «La Constitution dit qu’on ne doit pas insulter le président. Donc, je préviens quiconque insultera désormais le président subira la rigueur. »

Pourvu que ce président-ci se rappelle qu’il incarne une République, pas une communauté, encore moins un gang ou un clan.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.