Interdiction de manifester : L’OGDH désapprouve !

Au cours d’une conférence de presse, l’Organisation Guinéenne pour les Droits de l’Homme (OGDH), s’est insurgée contre la décision du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Général Bouréma Condé, qui interdit toute manifestation de rue jusqu’à nouvel ordre.

Tout en dénonçant une violation des dispositions de la Constitution, l’OGDH, par la voix de son président intérimaire déplore cet état de fait.

« Le fait qu’on interdise les manifestations à Conakry par le gouverneur alors que les manifestations ont été autorisées par les maires qui, territorialement sont habiletés à le faire, c’est le gouverneur qui interdit sur l’étendue de Conakry les manifestations. Plus grave, nous avons appris par voie de presse que monsieur le ministre de l’administration du territoire a pris un acte pour interdire toute manifestation sur l’ensemble du territoire national. », Déplore Elhadj Mamadou Malal Diallo.

Plus loin, les activistes des droits de l’homme évoquent des risques graves avec une telle mesure, qui peuvent amener même à remettre en cause les acquis démocratiques :

« Si on ne vous avertit pas, et si vous ne nous aidez pas à avertir l’opinion nationale et internationale sur cette dérive, nous risquons un jour de nous réveiller avec la nouvelle que la constitution est suspendue et les institutions de la république aussi sont suspendues. », a alerté le Président intérimaire de l’OGDH.

C’est pourquoi, ajoute le conférencier, «  nous avons jugé utile de vous appeler et de vous dire que nous ne sommes pas d’accord avec ces actes dans la mesure où il est dit dans la constitution que toute loi, tout acte rudimentaire et toute décision contraire à la constitution sont nuls et de nulle valeur. Donc si les préposés de l’Etat en violation de leur devoir régalien se permettent d’interdire aux citoyens de jouir des droits qui leurs sont reconnus non seulement par la constitution de la république de Guinée mais aussi par tous les textes internationaux auxquels la Guinée est partie, nous croyons qu’il faut, maintenant qu’on lance un cri d’alarme », a-t-il indiqué.

Malgré cette décision du ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, l’opposition républicaine, pour sa part, entend défier les autorités guinéennes, à travers la marche pacifique prévue ce jeudi 09 Août sur l’autoroute Fidèle Castro.

Il reste à voir si elle réalisera son pari.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

 

 

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