Pourquoi les investisseurs boudent la Guinée ?

Les opposants ne veulent pas que les investisseurs viennent en Guinée. C’est la principale accusation que le pouvoir bancale de Conakry porte sur l’opposition républicaine d’alors. Pourtant, cette armoire à glace – comme c’en était vraiment une – s’est finalement effilochée avec le départ de Sydia Touré, de Lansana Kouyaté, de Faya Milimono, d’Aboubacar Sylla, de Marc Telliano, etc.

Certains se sont rapprochés du pouvoir, d’autres se sont juste éloignés de Dalein qui en constitue le noyau. C’était l’une des missions essentielles d’Alpha Condé. Elle est accomplie aujourd’hui. Sinon presque. Il ne reste plus qu’à désintégrer l’UFDG, à travers Bah Oury, le rigide, le jaloux. Mais jusqu’à présent, les investisseurs ne se bousculent pas aux portillons guinéens. Certains viennent pour prendre le pouls, puis ne reviennent plus. D’autres s’annoncent et restent-là. Aucune action concrète.

Alpha Condé continue de pointer le doigt sur des opposants qui veulent pas que la Guinée se développent. Même idée, même bouc émissaire. Même postulat. Alpha Condé ne doit pas lorgner ailleurs. « Il oublie que par sa faute, la Guinée ne remplit aucune condition pour attirer des investisseurs sérieux », accuse un jeune leader politique qui égraine :

1- Il n’y a pas de justice ni de sécurité à cause de l’impunité qu’il a érigée en mode de gouvernance.

2- Il ne respecte pas la Constitution ni les lois du pays. On est donc exposé à l’arbitraire et au bon vouloir des tenants du pouvoir en Guinée. C’est comme dans la jungle: la loi du plus fort.

3- Il a refusé la mise en place des Institutions constitutionnelles qui peuvent le contrôler, lui demander des comptes et l’obliger d’agir en homme d’Etat, telle que la Haute Cour de justice.

4- Par sa volonté d’aller vers un troisième mandat, il alimente un climat de tension qui ne favorise pas les affaires et pousse le monde entier à attendre que le pays retrouve une stabilité après 2020.

Conclusion : « Avec Alpha Condé, plus jamais la Guinée ne peut être jugée rassurante par les milieux d’affaires et des institutions internationales consultées sur des questions de sécurité. Il est donc désormais dans l’intérêt supérieur de tous les Guinéens qu’Alpha Condé parte du pouvoir. » Pour y arriver, «Nous allons constituer un dossier avec ces preuves et d’autres pour aller les remettre aux gouvernements européens, aux partenaires de la Guinée, à la Commission et au Parlement européen, à la Banque mondiale et au FMI afin qu’ils sachent ce que ce régime fait des fonds alloués à notre pays pour des projets de développement et en tant que dette pour le peuple de Guinée. »

Ça promet !

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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