Ismaël Dioubaté : cet autre ministre par qui la grève se corsera

Le nouveau ministre du Budget risque de faciliter les positions tranchées des acteurs sociaux et syndicaux. Ismaël Dioubaté était samedi à l’assemblée générale ordinaire du RPG pour se livrer à un exercice du reste périlleux : l’augmentation du prix du carburant sans consultation préalable avec les syndicats. Il est allé dans tous les sens y compris la manipulation de l’opinion.

Selon lui, «Dans tous les pays aujourd’hui, on appelle ça flexibilité des prix ; on ne demande l’avis de personne. Quand le prix baisse, vous vous réveillez le matin on baisse le prix, si ça augmente aussi, on ne demande l’avis de personne. »

Il oublie par-là que des accords avaient été signés entre gouvernement et syndicats quant à la flexibilité du prix. Il est écrit et signé que quand le baril monte, le gouvernement n’augmentera pas le prix, puisqu’il n’a avait pas réduit le prix alors que le baril avait chuté jusqu’aux alentours de moins de 30 USD. Voilà que Ismaël Dioubaté vient distiller des balivernes : « Il ne faut pas faire croire aussi que les 2 000 francs d’augmentation est une recette nouvelle, non ! Ce n’est pas une recette nouvelle, c’est d’arrêter la perte. C’est-à-dire, on vient au prix auquel on a pris et on vend à ce prix-là sans recette ni rien. Mais avant l’augmentation, on prenait une marchandise à 10 000 GNF et puis on la revend à 8 000 GNF, c’est ça l’explication. Maintenant on le prend à 10 000 GNF et on le revend à 10 000 GNF, on ne fait aucun surplus, on arrête juste la subvention. »

C’est ce qui est absolument faux, sinon comment expliquer que des particuliers comme des miniers et les représentations diplomatiques ne paient pas le carburant au même prix que les autres usagers ? Le ministre du Budget est de mauvaise foi. Il n’avait qu’à dire que le gouvernement enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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