Issouffou et Umballo : Alpha indexe « des amis de son ennemi»

Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, est un ancien du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), qui a fait une dissidence en créant le Mouvement pour l’alternative démocratique (Madem). C’est ainsi qu’il a été a été élu avec 53, 55% devant son rival Domingos Simoes Pereira qui n’a eu que 46,45% des suffrages exprimés.Cette victoire marque certes la fin d’une ère, mais, elle ouvre une inimitié avec Conakry dont le choix portait sur Domingos Simoes Pereira.

Ces relations difficiles se poursuivent. Le nouvel homme fort de Bissau porte son choix lui aussi sur l’opposant d’Alpha Condé. Et de bonne guerre. Aujourd’hui en tout cas, Domingos Simoes Pereira est parmi les invités à l’investiture d’Alpha Condé. Umballo est oublié. Mais, le monsieur ‘’parler-cash’’ n’en a cure.

On se rappelle en effet, si le président bissau-guinéen s’est déclaré favorable à la condamnation du coup d’État au Mali, il a ajouté que la Cedeao devrait adopter la même attitude pour “tous les coups d’État“. Et d’ajouter que, selon lui, “les troisièmes mandats” étaient également des coups d’État. Il avait ainsi jeté le froid chez les deux papys ouest africains (notamment Condé et Ouattara). Si le Nigérian MuhammaduBuhari avait souri à cette pique, les principaux intéressés, Alpha Condé, candidat présumé pour la troisième fois à la présidentielle en Guinée, et Alassane Ouattara, officiellement en lice en Côte d’Ivoire, n’ont guère apprécié la sortie du Bissau-Guinéen.

Conakry ébouillanté a juré de ne jamais pardonner. Mais, le général s’en fout. « La Guinée-Bissau, on a un problème de courtoisie et d’usage diplomatique avec la Guinée-Bissau qui a franchi les limites qui régissent les principes de bon voisinages et les principes consacré par la convention de vienne de 1951. Cela faisant nous évitons actuellement de les impliquer dans les organisations que nous faisons, c’est tout», a précisé Kiridi sur les ondes d’une radio locale.

Sauf que cette position est largement partagée avec Issoufou, le Nigérien. Chez eux et chez MackySall, point de troisième mandat.  « Je ne trouve aucun argument qui justifierait que je me sente irremplaçable ou providentiel. Nous sommes 22 millions de Nigériens, pourquoi aurais-je l’arrogance de croire que nul ne peut me remplacer ? Je ne me suis jamais situé dans cette perspective. Ce qui m’intéresse, c’est 2021 et la première transition entre deux présidents démocratiquement élus dans l’histoire du Niger. Ce sera ma plus belle réalisation», tranchait déjà, le président Issoufou. Depuis, Alpha Condé s’est senti concerné.

C’est pourquoi à son investiture, il a snobé sur son pair. Le président Alpha Condé a voulu, selon l’AFP, être prudent, parce que, a priori, Issoufou dont la position de principe sur la question du « troisième mandat » ne souffre d’aucune ambiguïté, paraîtrait quelque peu incohérent en venant assister à la cérémonie de prestation de serment de son « ami » à Conakry. Mais pas que. Un tel raisonnement ne tenant assurément pas la route quand il s’agit de l’autre troisième mandat. Puisque le même Issoufou sera bel et bien à Abidjan pour l’investiture de Ouattara, le 14 octobre 2020. Il est vrai que sur le sujet, toujours selon l’AFP, le président nigérien ne loge pas ses deux homologues à la même enseigne. L’entreprise de révision constitutionnelle qui a permis à Alpha Condé de briguer un troisième mandat a été, dès le départ, vivement combattue par le Nigérien.

Umballo (son opposant est à Conakry) et Issoufou (Son opposant, à Conakry) se révèlent être donc des « amis de son ennemi » Dalein Diallo.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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