JOURNEES VILLE MORTE : Pourquoi l’opposition persiste-t-elle dans le déni ?

L’opposition guinéenne d’un côté et les autres Guinéens de l’autre, ont une perception diamétralement opposée au sujet des journées ville morte qui s’achèvent ce jeudi. Alors que les seconds ne jurent que par l’échec du mot d’ordre lancé par les opposants, dans l’entourage de Cellou Dalein Diallo, on se dit satisfait du succès du mot d’ordre. Or, il est aisé de réaliser que ce n’est certainement pas le succès escompté.

Bien entendu, il y bien eu quelques escarmouches qui ont momentanément paralysé la circulation sur la route Le Prince. Mais sur le reste de l’étendue du territoire, les gens ont vaqué à leurs occupations. Nier cette implacable réalité, c’est se tromper soi-même. Et c’est le risque que prend l’opposition guinéenne.

Jusqu’ici, en Guinée, l’opposition pouvait tout au moins se vanter de sa capacité de mobilisation. Un atout qui lui a permis de survivre au premier mandat du président Alpha Condé. Mais au début du second, Cellou Dalein Diallo et tous ceux qui demeurent encore dans cette opposition, semblent avoir du mal à reprendre leur souffle. En tout cas, si c’est ces journées ville morte qu’ils comptaient pour se faire entendre, c’est plutôt raté. Mais pour eux, il y a plus dangereux. La tendance à ne pas admettre la réalité, est en effet plus dangereuse que tout le reste. Car elle empêche de procéder aux réglages et à la remise en cause nécessaires. Et à termes, elle peut couper les leaders politiques de l’opposition de leurs militants.

Alors que si ces mêmes leaders, très courageusement, acceptent de voir la réalité en face, ils réaliseront qu’ils sont de beaucoup dans la lassitude de leurs militants. En effet, comme l’a clairement indiqué la dernière fois l’ancien premier ministre, Lansana Kouyaté, l’éternel péché des opposants, c’est leur tendance à ne pas aller au bout de leurs luttes.

Engageant leurs militants et assurant ces derniers de leur indéfectible détermination, ils se sont très souvent rétractés au milieu du gué. Perçus comme de la trahison de la part de ceux qu’ils jettent dans la rue et qui se font arrêter, blesser ou tuer, ces agissements ont fini par se retourner contre l’opposition qui n’inspire plus grande confiance de la part des militants.

 Et ce rideau de défiance pourrait mettre du temps à s’effacer. Car les différents leaders de l’opposition s’obstinent à ne pas voir les défauts et encore moins les corriger.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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