Kaba Condé (RTG), professeur ès fake news ?

Kaba Condé était déjà cet illustre semi-inconnu qui lisait des éditoriaux à l’encontre de personnalités étrangères sur les antennes de la RTG. Il fut et il l’est d’ailleurs encore aujourd’hui plus qu’hier cet homme qui guette la tête de la RTG.

Lui qui fut suspendu de ses fonctions par l’ancien ministre de l’information Darus Dialé Doré, suite à des accusations de détournement et d’escroquerie formulées contre lui par la presse, en prélude au retour en Guinée d’Alpha Condé le 1er février 2011, est un inconditionnel du président Condé. Il a d’ailleurs un rôle plus manifeste à l’Assemblée générale du RPG-arc-en-ciel où sa présence est de plus en plus assidue.

Il y assume depuis ce 23 février 2019, la revue hebdomadaire de l’actualité portant sur le chef de l’Etat. Il est membre du bureau politique national du RPG. Sauf que ce positionnement est mal perçu dès l’instant qu’il porte le manteau de journaliste. Journaliste militant ou militant journaliste ? Nul ne le sait. Néanmoins, « Individuellement, tout journaliste a le droit d’avoir ses sympathies politiques, d’adhérer personnellement à une idéologie. Mais ce droit fait partie de son domaine privé. Il doit s’interdire, dans l’exercice de sa profession, tout prosélytisme au service de cette idéologie », rappelle le journaliste indépendant, Christian Lionet.

Autrefois journaliste le jour, militant la nuit (et vice-versa, la frontière entre ses deux occupations étant parfaitement trouble), Kaba Condé n’en finit plus aujourd’hui de diviser la profession. En Guinée d’ailleurs, qui est journaliste, qui ne l’est pas ? Qui est «militant» ? Qui a droit à la carte de presse ? Le débat fait rage. Et la HAC de Martine Condé ne dit rien. Pourtant, le positionnement politique de Kaba Condé est bien malsain. Il peine à s’extraire de la glaise sociale dont il est issu, pour se modeler en journaliste à part entière, évoluant dans une stratosphère libérée des engagements partisans, affranchi de ses convictions personnelles, de son milieu social, de sa situation patrimoniale, de son sexe, de sa couleur de peau, un vrai journaliste en somme.

En attendant, il porte de graves accusations sur les opposants : « Aujourd’hui, ils font venir des électeurs de Guinée Bissau pour les faire recenser à Sansalé à Boké, faire venir des électeurs de la Sierra Leone pour les enrôler à Maréla (Mamou). Ils font venir des personnes du Sénégal pour les faire enrôler à Sarabhoïdho et à Termessè dans Koundara. Un membre de la CECI (à Matama) du nom de Mamadou Mouctar Diallo, qui appartient à l’UFDG, s’est permis de voler le matériel et de le cacher son domicile pour enregistrer frauduleusement des militants de l’UFDG. Il a été pris grâce à la Fatiha, la main dans le sac. » Comme si cela ne suffisait pas, Kaba Condé ajoute : « Les militants de l’UFDG sont dans la violence et l’intimidation des superviseurs d’enrôlement. »

Digne d’un professeur de fake news, pourrait-on dire. Autant alors ôter le manteau mais surtout le titre qu’il incarne : directeur de la radio nationale. Pourtant, Kaba Condé a à faire à son poste au lieu de s’époumoner des jours durant et toutes les semaines à l’assemblée générale du RPG. La radio nationale est malade. Ceci devrait constituer son défi. Ni plus, ni moins.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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