Kaba Guiter et les émeutes à Kankan: on en sait un plus

On en sait un peu plus sur le niveau d’implication de Kaba Guiter SA, dans les émeutes de Kankan, liées au manque de courant dans le Nabaya. En effet, selon le porte-parole de manifestants, Mamoudou Kaba, s’exprimant le mardi maton sur les ondes d’une radio locale à Conakry, tranche dans le vif : « Kaba Guiter n’est pas derrière notre mouvement. »

Suffisant pour l’absoudre ? Peut-être !

En attendant, il y a juste lieu de rappeler qu’à travers la sœur de Kaba Guiter SA, Djèné Kaba Condé, l’épouse d’Alpha Condé, la Société internationale de travaux-Maroc et l’entreprise guinéenne Guiter SA (Guinéenne de terrassement routier), avaient, en 2016 remporté le projet de construction de 2 micro-barrages à Kogbèdou et à Frankonédou, dans la région de la Haute-Guinée. La durée prévisionnelle des travaux de ces deux barrages était estimée à 36 mois. D’un coût de 400 millions de dollars, ces deux barrages sont réalisés dans le cadre de la technique Build operate transfer (BOT).

Autrement dit, le consortium finance, conçoit, construit et exploite les deux ouvrages durant toute sa période de concession. Plusieurs bailleurs de fonds dont la Banque islamique de développement (BID) devraient participer à la mobilisation de ces fonds. « Nous avons les moyens nécessaires pour réaliser ce projet», avait tenu à rassurer Ansoumane Kaba, le directeur général de la compagnie guinéenne Guiter SA qui collabore avec la SINTRAM sur le projet. Aujourd’hui, plus personne n’a les échos du niveau d’évolution du projet. Ce qui faisait donc dire à certains (à tort ou à raison) que l’entrepreneur guinéen serait bien derrière la grogne, une façon habille de relancer – s’il en est besoin – ces deux micro-barrages d’une capacité couplée de 110 mégawatts pour l’électrification de huit préfectures en Haute-Guinée.

Voilà que le porte-parole des manifestants lave tous soupçons.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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