KALIFA GASSAMA DIABY : Ces vérités hypocrites

Il a passé le premier mandat à incarner le trublion dans le gouvernement. Il s’est évertué à symboliser la différence et la démarcation. Mais au fil du temps, le disque de Kalifa Gassama Diaby est comme rayé. Sa stratégie, on la comprend mieux. Comme beaucoup de Guinéens, il de plus en plus peur de se mouiller. Et pour ne pas que la remise en cause soit flagrante, il a trouvé la bonne stratégie : s’en tenir aux généralités et accabler tout le monde. Pour quelques-uns, la mayonnaise prend encore. Mais pour la majorité, le ministre est démasqué. En fait, il n’est pas mieux que les autres.
Une des meilleures illustrations de cette approche ampoulée, c’est le discours qu’il a servi à l’occasion d’un atelier qu’il vient de présider sur les mécanismes d’alerte précoce et de réponse rapide. Y reprenant son idée fétiche, le ministre de la Citoyenneté et de l’unité a redit à son souhait sa théorie sur la Guinée qui épouse la violence. Si ce constat trop généralisé est fortement discutable, c’est cependant au niveau des causes par lesquelles Kalifa Gassama Diaby explique cette dérive de la société guinéenne, qu’il pèche le plus. Adepte incorrigible de la faute collective, il y a en effet déclaré :
Les causes, nous les connaissons, car nous en sommes responsables. Nous sommes responsables, car  dans tous les domaines (surtout le politique) nos discours se structurent autour des facteurs et des paramètres qui favorisent la violence, l’exclusion, la stigmatisation et l’injustice (…) Nous cachons notre incapacité à proposer des programmes cohérents de société, par les discours identitaires, régionalistes et dogmatiques (…) Dans nos attitudes de tous les jours, nous nous campons dans nos préférences illusionnistes vers nos proximités ethniques, régionalistes, communautaristes ou claniques.
On aurait pu concéder au ministre son jugement. Malheureusement, des confrères y ont vu la marque d’un attachement du ministre au discours de la vérité. Or, il y a dans cet extrait tout sauf la vérité. Cette façon de mettre tout le monde dans le même panier et d’imputer à tout le monde la responsabilité, ce n’est pas ça la vérité. Cela s’appelle plutôt de la démagogie et c’est du banditisme intellectuel. On profite de la naïveté de l’auditoire pour faire passer une telle déclaration pour audacieuse et prétendument empreinte de franchise. Il n’en est rien !
Le courage réside plutôt dans l’identification des responsables de la division et des promoteurs de la violence dans ce pays. Un travail des plus évidents au lendemain du discours tenu par Alpha Condé le 28 mai 2016 au siège du RPG-arc-en-ciel. D’ailleurs, qu’en a dit le ministre de la citoyenneté et de l’unité nationale ? Que celui qui se rappelle la réaction que Kalifa Gassama Diaby a eue par rapport à ce discours à relents ethniques, vienne le partager avec l’opinion publique. Et en ce qui concerne l’injustice, pourquoi le ministre ne nous aiderait pas comprendre comment se fait-il que le chef de l’Etat, bien qu’interdit de se rendre au siège du RPG-arc-en-ciel, continue tout de même à s’y rendre ? Se taire sur ces faits qui sautent aux yeux pour aller chantonner autre chose, ce n’est pas ça la vérité.  
Naturellement, on a conscience que ce n’est pas évident de la vérité, la vraie. Mais dans ce cas, Kalifa Gassama Diaby a un choix très facile à faire. Se taire ou s’en aller. En tout cas, la troisième alternative à laquelle il s’essaie est synonyme de trahison vis-à-vis du peuple de Guinée. Qu’il se le tienne pour dit.
Alhassane Diallo, www.kababachir.com
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