Kaloum : La police empêche le sit-in des femmes de l’opposition

Malgré leur détermination à exprimer leur colère ce mercredi devant le ministère de la Justice à Kaloum, pour dénoncer les tueries perpétrées contre les manifestants et exiger justice, les femmes de l’opposition ont été empêchées par la police.

S’exprimant sur le sujet, le Général Mathurin Bangoura, qui a refusé d’autoriser la marche, parle plutôt de non respect de délai requis.

« Le délai n’a pas été respecté à 72 heures au moins, 15 jours avant. Donc, la commune a répondu au courrier pour dire que la marche ne devrait pas se tenir », a rappelé le Gouverneur de la ville de Conakry.

Une décision que les agents de sécurité tiennent à appliquer à la règle. Le Général Baffoé, Commandant de l’Unité de police est ferme la dessus :

« Le dispositif sécuritaire que nous avons mis en place du pont du 08 novembre au ministère de la Justice. On ne permettra plus ce qui s’est passé la fois dernière, ça c’est fini. Je vous promets que ça c’est fini. La fois passée, on n’a pas considéré trop l’ampleur de la chose, mais aujourd’hui ce n’est pas possible », soutient-il.

Très remontés contre cette décision, les femmes de l’opposition ne savourent pas vaincues.  Elles comptent maintenir ce sit-in malgré l’interdiction des autorités :

Et pour cause, revendiquent-elles,  « Il (ndr Alpha Condé) nous a dit que le pouvoir là, il le dédie aux femmes et aux jeunes. Nous les femmes d’aujourd’hui, nous lui disons que nous ne sommes pas contentes de lui et nous le combattrons. Moi en personne, je le combattrai jusqu’à ma dernière énergie parce que j’ai perdu des parents. Dites à Alpha Condé et au ministre de la justice, qu’ils nous montrent qui tuent nos enfants, nos époux, qui violentent nos sœurs et nos mères. On entre dans les concessions, on verse les marmites. Quelle haine ? Ça c’est qu’elle Guinée ? A quel gouvernement on a affaire ? Je suis prête à me sacrifier pour les vies qui sont tombées. Je suis prête à donner ma vie pour que justice soit faite. S’il n’arrête pas, on va prendre des bidons d’essence pour aller nous immoler devant le ministère de la Justice. On lui donne deux (2) jours », a avertit Mme Diallo Néné Oussou Diallo, qui s’exprimait au micro de mosaiqueguinee.com.

A travers ce sit-in, qui intervient dans un contexte de crise politique, les femmes interpellent le gouvernement sur l’impunité et exigent que la lumière soit faite sur les tueries perpétrées contre les militants de l’opposition.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

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