KANKAN : quand Aziz Diop s’érige en juge

 
La résurgence récente des différends entre les villages de Djélibakoro (Kankan) et Damissakoro (Siguiri) a donné l’occasion au préfet de Kankan, Aziz Diop, de s’ériger en juge du coin. Suite à des affrontements ayant conduit à un décès, des quatre personnes dont le chef de village et des notables de Djélibakoro ont en effet été mis aux arrêts et détenus en prison. Assimilant ces arrestations à un affront mais surtout à une désacralisation de l’ordre traditionnel, les citoyens de Djélibakoro se sont alors déplacés en masse à Kankan pour faire part de leur colère au préfet Aziz Diop. Sous pression, il s’est donc laissé aller à une confusion des rôles.
Marchant sur le principe de la séparation des pouvoirs mais oubliant surtout que son avis en pareille circonstance est un parti pris, il s’en est pris au juge qui a ordonné l’arrestation des quatre sages. Ainsi, selon lui, leur arrestation serait « arbitraire » et que le juge a subi une pression de la part des Siguirikas.
Bien entendu, il n’est pas exclu qu’il ait tout à fait raison. Mais le fait est ce n’est pas à lui, le préfet, de se prononcer sur la légalité ou non d’un acte de justice. Des voies appropriées pour prévues pour contester éventuellement ce genre d’actes. Mais aucune d’elle ne laisse la possibilité au représentant de l’exécutif de s’en prendre aux juges. Surtout que dans le cas présent, Aziz Diop fait exactement ce qu’il reproche à ceux de Siguiri, à savoir faire pression sur le juge. En fait, ce dont il est question, c’est que le préfet de Kankan, sous pression des siens, leur vient au secours, sans savoir se demander outre mesure si ces derniers ont raison ou non. Son jugement étant obscurci par ses liens avec des citoyens de Djélibakoro (qui relèvent) de sa juridiction.
Mohamed Sow, www.kababachir.com
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.