Kassory-Alpha : les premières sensations d’un sacrifice !

« Il ne m’appartient de trancher ou de choisir à la place des Guinéens. Avant toute prise de position personnelle, il est de mon devoir d’écouter tout le monde. Pour ce faire, j’ai laissé le Premier ministre et chef du gouvernement initier des consultations avec les institutions de la République, les partis politiques, les syndicats, les représentants de la société civile, pour recueillir les avis des uns et des autres s’il y a des fois une question. »

A priori, Kassory Fofana avait de quoi pavoiser sur sa proximité avec Alpha Condé. Et d’ailleurs, bien d’autres Guinéens avaient vu en cette mission, une manière de prédisposer le Premier ministre à une éventuelle transition politique. Sauf que d’autres estimaient en même temps que c’était une occasion pour sacrifier Don Kass. Quelle que soit la nature.

Aujourd’hui, avec du recul, on se rend compte que le Premier ministre a lui-même rendue la patate chaude à son envoyeur, tout en ouvrant les consultations. A peine entamées, ces dites consultations prennent cours avec la déclaration faite aux USA par Alpha Condé invitant aux compatriotes de se préparer aux élections et au référendum. Du coup, il coupe l’herbe aux pieds de Don Kass.

Fodé Oussou Fofana n’a pas manqué de fulminer : « Aujourd’hui, il a humilié le Premier ministre. Il l’a mis dans ses petits souliers comme pour dire que ce que le Premier ministre fait comme consultation, ce n’est pas son problème. S’il annonce déjà le référendum avant que le Premier ministre ne lui fasse le compte rendu de sa mission, c’est que la consultation du Premier ministre est sans objet. Ça, c’est pour dire que monsieur Alpha Condé est resté toujours le même. C’est pour cela que ne nous sommes jamais venus rencontrer le Premier ministre. On savait que quel que soit le résultat que le Premier ministre allait annoncer, Alpha Condé allait faire ce qu’il voulait. Nous avons averti les gens en disant de ne pas aller à ces consultations. On ne croyait pas du tout. Au moment où le Premier ministre est en train de faire une consultation, au moment où le Premier ministre a dit : ‘’ mon rôle est de faire les consultations et rendre compte à qui de droit’’, le président de la République lui, devant ses militants, demande de se préparer pour aller aux élections et au référendum. Cela veut dire que la consultation du Premier ministre est sans objet. »

Et puis, à sa suite, Bah Oury enfonce : «  Le président lui a confié un travail devant l’opinion nationale et internationale. Le président de la République avait dit que c’est après les consultations qu’il allait se décider. Mais s’il prend les devants c’est son Premier ministre qu’il a minimisé. La manière dont les choses vont c’est vilain pour les dirigeants car c’est devenu un double langage. Pour éviter à notre pays une pagaille, le président doit organiser les élections législatives et présidentielles pour permettre à une autre personne de le remplacer à la tête du pays. »

Avec cette humiliation subie, Kassory tente de résister. Avec le Conditionnel de Condé. Contacté par Jeune Afrique, Don Kass a répondu que « le président de la République a parlé au conditionnel » et que « ces consultations sont utiles. »

Il va de soi ! Et les premières sensations du sacrifice deviennent de plus en plus acre.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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