KASSORY FOFANA : Quand la démagogie vire à l’excès

Progressivement, le gouvernement guinéen donne raison à Cellou Dalein Diallo quand ce dernier trouve qu’il est gagné par la panique. Confrontées à une demande sociale qu’elles ne peuvent satisfaire en raison de la crise économique que connaît le pays, les autorités multiplient les signes révélateurs du désarroi qui est le leur. Cet affolement, le ministre d’Etat à la présidence de la République en charge des investissements et du partenariat public-privé, en aura éloquemment donné l’illustration, à la faveur de son récent séjour à Fria. Relevant d’un système contraint de faire les yeux doux au partenaire russe, Ibrahima Kassory Fofana a préféré injurier les syndicalistes dont le seul tort a été de revendiquer des droits à eux reconnus.

Les propos tenus dans l’enceinte de la maison des jeunes de Fria, à eux seuls, suffisent pour attester de l’inconfortable position qui est celle des autorités guinéennes dans le dossier Friguia. Sur ce dossier-ci, les Russes se sont révélés plus habiles qu’Alpha Condé, pourtant bien rodé à la stratégie du pourrissement. Faisant chanter le gouvernement guinéen via la misère des populations de Fria, ils ont réussi à dompter le nationalisme du président Alpha Condé et l’ont contraint à tout leur céder. En contrepartie de leur promesse de faire redémarrer l’usine au plus tôt en 2018, ils ont tout d’abord formellement obtenu du chef de l’Etat la concession sur le site de Dian-Dian. Mais en plus, ils obtiennent des autorités qu’ils n’ont aucune responsabilité dans l’arrêt, il y a quatre ans de Friguia.

Ainsi, conduisant une délégation gouvernementale dans la cité en ruine, Ibrahima Kassory Fofana, a lancé en direction d’une population : « Je veux rappeler à tous ceux qui, très souvent, mettent en cause le gouvernement que la situation de blocage des activités de Friguia, a été hélas, l’œuvre des syndicats. Ce n’est pas le gouvernement qui a décidé d’arrêter Friguia, non plus Rusal. Ce sont nos enfants et frères qui, par un syndicaliste irresponsable, ont conduit à la fermeture de Friguia ».

C’est désormais cela la vérité de la Guinée. L’Etat n’est en rien responsable de ce qui est arrivé. Même s’il avait échoué à convaincre les parties à s’entendre. Rusal non plus n’est en rien responsable. Même s’il s’était refusé à toute concession face aux revendications des délégués syndicaux. Seuls ces derniers sont coupables de tous les péchés. C’est à croire qu’un syndicat n’est pas dans son droit de formuler des revendications et de réclamer de meilleures conditions de vie (1 200 000 francs réclamés au lieu de 1 000 000 de francs guinéens offerts par Rusal).

Dos au mur, c’est le message ô combien symptomatique que le gouvernement renvoie à la classe ouvrière de Guinée. Bien entendu, on peut être certain que d’autres entreprises de la place pourront bien s’en inspirer.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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