Kassory Fofana: du jeu déloyal et vicieux ?

Kassory Fofana est littéralement assommé par une lassitude écrasante et  sans précédent, due pour l’essentiel par le jeu de dupes qu’il a habilement mis en place avec Alpha Condé. Ce jeu est devenu la pilule qui est d’autant plus amère pour le fringant Don Kass qu’aujourd’hui, un seul mot est sur toutes les lèvres : démission. Entre les deux hommes c’est désormais le chantage, le jeu déloyal et vicieux.

Le Premier ministre qui s’accommode mal actuellement avec l’expression consacrée ‘’Sur proposition du premier ministre, chef du gouvernement’’, puis qu’il ne propose rien et d’ailleurs il n’est même pas consulté est lâché son équipe faite de seconds couteaux et en pleine saison d’une présidence à vie en filigrane. Don Kass se lasse, il se disperse, il a envie de tout reprendre sauf sa formation politique – Guinée Pour Tous (GPT) – qu’il a déjà diluée. Sauf qu’il a déjà vendue son âme au diable. Il s’est rendu à la fois coupable de mesures liberticides et complice tacite, voire avoué de dérives dictatoriales du régime d’Alpha Condé dont les conséquences ont pour noms : assassinats ciblés, expéditions punitives, règlements de comptes, kidnappings d’opposants et refus de voyager des leaders politiques y compris Dalein Diallo. Et le tout, sans la moindre justice équitable.

L’homme qu’il entendait servir s’est confortablement réinstallé à Sékhoutouréya. En contrepartie, il contourne Don Kass pour prendre d’autres mesures soit pour l’accabler, comme cette histoire de MAMRI verrouillée par des gendarmes et ayant connu le passage inopiné d’inspecteurs d’Etat. Soit pour l’anéantir, en créant des structures à la Présidence jouant les mêmes rôles que Don Kass. Soit encore pour le mettre en mal avec Mama Kanny dont la cohabitation est déjà suffisamment éprouvée. Alpha Condé se joue de son PM, certes,  à bout des nerfs, de ressources, mais jamais à court d’idées pour se (re)faire un nom. Quitte à ravaler sa propre déjection pour sauver son honneur et laver l’affront. D’où la place du chantage à travers un prétendu support audio accordé au locataire du palais de la Colombe, du jeu déloyal mais surtout très vicieux. Chacun des deux hommes joue le jeu. En toute sournoiserie.

Il est clair que Don Kass n’a pas digéré le départ  de la MAMRI pour la Présidence, sans consultation préalable. Il est vrai que Don Kass n’a pas apprécié la modification des statuts de certaines directions ainsi que l’exclusivité donnée à la Pharmacie Centrale de Guinée (PCG) de fournir le pays en médicaments. Il est vrai enfin que Don Kass se sent élagué avec la superposition des prérogatives transférées à Sékhoutouréya. Il est tout aussi vrai que la démission de Don Kass – ne serait-ce que pour sauver une once d’honneur – n’est pas envisageable. La raison est simple : le PM n’a aucune visibilité de sa carrière politique. Il doit donc faire mauvaise fortune, bon cœur. Il n’a pas trop de choix.

C’est une donnée désormais universelle ! Avec Alpha Condé, le jeu est connu : utiliser les fanfarons, se faire une certaine virginité, s’assurer d’une certaine loyauté camouflée, opposer des proches, puis s’en débarrasser par n’importe quelle autre manière y compris le jeu déloyal mais surtout vicieux connu de l’octogénaire avancé, paranoïaque et bourreau de la décence, de la convenance et de la subtilité.   

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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