Kassory Fofana: « Entre la loi et l’ordre public, je choisis l’ordre public »

On l’a suivi hier lundi à la télévision nationale. Il paraissait intraitable devant des militants venus de la Haute Guinée pour magnifier les œuvres d’Alpha Condé, celui que Kassory a appelé ‘’Notre champion’’, sans préciser si c’est en promesses fallacieuses ou en voyage intempestifs et inutiles.

Le Premier ministre se révèle au grand public. Salué dans son discours de politique générale où il avait étalé son souci d’entamer le dialogue politique et social, Don Kass veut désormais prendre un raccourci : imposer l’ordre public en lieu et place du respect de la loi. Avec insistance, Kassory déclare : « Entre la loi et l’ordre public, je choisis l’ordre public. Je l’ai dit et je le répète. » Et d’envoyer ouvertement des piques aux opposants, ceux qui lui donnent un sursis depuis peu. Il tance aussi les syndicalistes, ceux qui sont dans leurs droits de revendiquer toutes négociations sociales liées à l’augmentation du prix du carburant à la pompe. Et enfin Kassory voue aux gémonies les acteurs de la société civile, ceux à qui il avait dit vouloir tendre la main. « Au nom de quoi, des partis politiques, des sociétés civiles, des syndicats peuvent prendre en otage tout le pays ? Lundi grève, mardi ville morte, jeudi marche. Montrez-moi un pays au monde où ça fonctionne comme ça. Alpha Condé a sorti la Guinée de l’ombre, il veut en faire un bijou et on veut l’en empêcher », déclare le Premier ministre.

Kassory Fofana savait bel et bien quel genre de climat devrait-il s’attendre, pour avoir lui-même battu le macadam avec ses pairs opposants d’hier. Il sait aussi à quoi devrait-il s’attendre en acceptant d’augmenter le carburant sans consultation préalable avec les partenaires sociaux. Et mieux, il oublie qu’il s’était engagé devant les députés: « Le dialogue social me tient à cœur et il me parait essentiel dans la période actuelle. Car, si les intérêts des différents acteurs peuvent être divergents, seul le dialogue social et politique reste le cadre de concertation pour assurer une bonne gouvernance visant à promouvoir la justice sociale, les relations professionnelles équitables, le développement durable et la quiétude sociale. Notre Constitution en son article 58 alinéa 3, confère au Premier Ministre Chef du gouvernement la responsabilité de la promotion du dialogue social. Il doit veiller à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques, je m’y engage. »

 

Aujourd’hui, tout est oublié. Comme quoi, il y a de gros risques d’embrasement. On joue avec le feu pour faire plaisir à des tiers.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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