Kassory Fofana : l’heure du réel bilan !

Kassory Fofana n’aura été, pour l’essentiel qu’aux antipodes de sa lettre de politique générale. En effet, on a eu une certaine visibilité sur sa gestion. Kassory Fofana s’est vite planté aux antipodes de sa lettre de politique générale : dialogue social et politique, relance de l’économie nationale, lutte anticorruption, lutte contre le grand banditisme, etc. Le discours de politique générale, alors prononcé n’aura été qu’un mirage.

Kassory Fofana est vu à l’œuvre. Il avait produit les premières sensations qui devraient lui permettre de le juger, de juger de sa bonne foi et d’en évaluer les défis et perspectives. Il avait posé le diagnostic : « La réalité des progrès enregistrés de la gouvernance du Professeur Alpha Condé n’a pas encore permis d’impulser un véritable changement de paradigme et de renforcer la confiance dans l’action publique. Il en est ainsi parce que les effets des succès économiques restent inachevés si on en mesure l’impact sur la réduction de la pauvreté et des inégalités économiques et sociales qui, à bien des égards, se sont parfois aggravés. »

Partant, « Mon gouvernement prêtera davantage attention à la réduction de l’extrême pauvreté, telle que reflétée dans le taux de mortalité infantile, la malnutrition, l’analphabétisme, l’habitat social, la sécurité des populations et de leurs biens, leur santé, de même que le chômage endémique des jeunes en particulier. » Et de rappeler : «Le mandat donné à l’équipe gouvernementale par le Chef de l’État est de traduire les performances macroéconomiques en réalités microéconomiques positives en termes de pouvoir d’achat de chaque foyer ou famille guinéenne, de chaque entreprise ou unité de production de biens ou de services en Guinée. »

Seuls – sans tenir compte des autres – ces engagements auraient dû permettre de jauger ce qu’aurait pu bien faire le Premier ministre. Ses engagements et déclarations ont finalement tranché avec la réalité. S’agissant du dialogue social, il a fait comme les autres PM, voire pire : étouffer les mouvements avec l’implantation des PA et menacer les acteurs syndicaux de l’éducation, puis les opposants. Au niveau politique, on a eu droit à un goût d’inachevé. Il s’est limité aux consultations, avant de se rétracter et afficher l’ordre à la place de la loi.

La restauration de l’autorité de l’Etat est restée en panne, puisque les libertés individuelles et collectives ont été bafouées. Kassory préfère outrageusement l’ordre à la loi : «L’ordre public est l’une des priorités du gouvernement. Nous allons établir l’ordre public en Guinée. Entre la loi et l’ordre public qui est la sécurité des citoyens et de leurs biens, je choisis l’ordre public sans lequel rien ne peut être fait. La démocratie à ses obligations, ses droits, ses principes et ses devoirs. Au nom de quoi des partis politiques, des organisations de la société civile et le syndicat peuvent prendre en otage tout un pays. Lundi grève, mardi, ville morte, mercredi, marche… Aucun pays au monde ne fonctionne ainsi. Simplement le Pr. Alpha Condé a sorti la Guinée de l’ombre, il veut en faire un bijou, on veut lui en empêcher. » Là aussi, il s’est planté, car, malgré ces menaces les acteurs sociaux perturbaient le climat et toute l’administration publique.

La moralisation de la vie publique s’est limitée à Paul Moussa Diawara et Cie. Comme si, c’était un simple règlement de compte, si c’en est vraiment pas un. Les bandits à col blanc usent et abusent des fonds publics sans discontinuer. Sans en être inquiétés. Pourtant, la Lettre adressée au Vérificateur Général de Guinée Kassory, rappelait que : «la finalité de ces contrôles est d’une part de relever les irrégularités pour des fins de corrections et sanctions d’une part, et d’autre part, de s’assurer de la conformité de la gestion des établissements concernés avec le cadre juridique, financier et comptable régissant leur fonctionnement ».

Parmi les établissements publics et parapublics ciblés dans ce deuxième groupe figurent entre autres la Direction Générale des Douanes (DGD), la Direction Nationale des Impôts (DNI), l’Agence Nationale des Infrastructures minières (ANAIM), la Société Navale Guinéenne (SNG), le Patrimoine Bâti Public (PBP), la Société Guinéenne des Pétroles (SGP) et le Fonds National de Sauvegarde de l’Environnement (FNSE).

Il est important de préciser que cette Lettre adressée au Vérificateur Général de Guinée fait suite aux enquêtes déjà menées au niveau de l’Officie Guinéen de Publicité (OGP), de l’Office Guinéen des Chargeurs et à la Loterie Nationale de Guinée (LONAGUI) respectivement dirigées (à l’époque des faits) par  Paul Moussa Diawara, Sékou Camara et Haidara Chérif. Rien que ces trois établissements publics et parapublics, les montants injustifiés avoisinent les 100 milliards de francs guinéens.

Aujourd’hui, l’affaire des 200 milliards GNF dans le scabreux dossier de DjenabNabaya  est presque sans suite.

Auparavant, la Loi de Finances Rectificatives (LFR) faisait même état d’une baisse drastique des recettes. Mais, dénonçait un député, « Nous n’avons pas l’impression que sous l’impulsion du Premier ministre, le gouvernement est en train de fournir des efforts pour renflouer les caisses de l’Etat à travers une plus grande mobilisation des recettes fiscales et une réduction significative des exonérations. »

Pendant ce temps, Kassory qui avait dit également qu’il interdirait aux membres du gouvernement et aux cadres de l’administration de parrainer des « mamayas » et autres manifestations se retrouvait en première ligne à Kankan en train de danser. Le reste, il fait comme son mentor : s’attaquer aux opposants et leur attribuer les causes des échecs de la gouvernance actuelle et antérieure. C’est ainsi que le Chinois est mort à Kankan…

Ministre chargé des Investissements et des partenariats publics-privés, avant d’être nommé un soir de 21 mai 2018, Kassory aura fait un passage à vide, ou presque.

Aujourd’hui, estime Ousmane Doré, candidat malheureux de la présidentielle du 18 octobre 2020, « Les attentes c’est d’abord qu’on réussisse à rassembler ce peuple, de consolider la paix, l’unité nationale qui ont été mise en épreuve pendant cette période électorale. Mais aussi beaucoup de questions de gouvernance.  Nous attendons que cette nouvelle administration prenne à bras le corps la question de corruption, la question de l’impunité et que nous ayons un système dans lequel la justice est indépendante et au service de tous les citoyens, donc une justice qui peut assurer que nous vivons dans un Etat de droit.  Oui! Il y a des défis économiques qui sont réels ! C’est d’abord la pauvreté, c’est la misère, c’est le chômage surtout de nos jeunes et le manque criard d’infrastructures que l’on observe. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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