Kéléfa Sall et la Constitution: la sage prédiction d’un magistrat !

« Battez-vous pour l’organisation d’un référendum qui pourra permettre à la Guinée d’avoir une Constitution votée par le peuple. A cette occasion, le mandat présidentiel doit être modifié de cinq à sept ans. J’ai rencontré des chefs d’Etat africains qui m’ont laissé entendre qu’en cinq ans c’est impossible de réaliser tout le travail qu’on se propose de faire. Donc c’est le moment à jamais de solliciter cette réforme constitutionnelle. Cinq ans ça passe vite. »

On ne sait plus quel était cet ancien de la transition qui a fait cette recommandation risquée à Alpha Condé, au soir même de son élection en 2010. Fraichement arrivé aux forceps à Sékhoutouréya et peu sûr de ses assises, Alpha Condé a juste tendu une oreille, la seconde résonnant encore de la sortie historique et osée de Kéléfa Sall, président de la Cour constitutionnelle. Un magistrat qui aura su vraiment faire passer un message inoxydable devant un parterre de chefs d’Etat et de gouvernement venu assister à l’investiture d’Alpha Condé.

Le magistrat déclarait : « La conduite de la nation doit nous réunir autour de l’essentiel. Ne nous entourons pas d’extrémistes qui sont nuisibles à l’unité nationale. Évitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes car, si le peuple de Guinée vous a donné et renouvelé sa confiance, il demeure cependant légitimement vigilant. »

Une sage prédiction. Plus de six ans après, ce bout de phrase retentit mais, ne semble point dissuader les faiseurs de despotes, d’autocrates. Ils veulent transformer l’homme qui revendique plus de ‘’40 ans de lutte pour la démocratie’’, à malmener la Constitution pour se tailler une présidence à vie. Kelefa Sall est déjà rentré dans l’histoire avec son « geste, certes, risqué mais courageux et républicain que tous ceux qui aspirent à l’avènement d’une démocratie véritable sur le continent. Il a eu l’audace et l’honnêteté morale qui doit être celles d’un Président de la Cour constitutionnelle qu’il est », commente-t-on, au soir même de l’investiture du nouveau président élu.

Aujourd’hui ce sont des amuseurs publics qui plaident pour une modification constitutionnelle. Soit pour se faire une place dans l’administration, soit pour s’éterniser à des postes, soit pour masquer leurs passifs. La démocratie est menacée ! Il faut en convenir. Mais Kéléfa Sall a, lui joué sa partition. Quitte à interpeller les violeurs des lois de la République, suivez mon regard…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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