Khoudia MBAYE – Journaliste Mannequin, porte flambeau et l’étoile montante de femmes Africaines contre la VIOLENCE et du RACISME, Abuja Nigeria.

Focus Africa :Bonjour, pouvez-vous vous présenter ?

Khoudia MBAYE :Je m’appelle  Khoudia MBAYE, je suis née et j’ai grandi au Sénégal. J’y ai eu mes premiers contacts avec la mode puisque je suis devenue mannequin et j’exerce ce métier depuis 13 ans. Je suis venue ensuite en France, à Paris, afin de rejoindre ma famille et de poursuivre des études. Grâce à ma connaissance du milieu de la mode, j’ai pu décrocher un poste de chroniqueuse à la télévision Télésud, chaîne panafricaine en France, au début dans le secteur de la mode et ensuite dans celui de la littérature africaine. J’y ai ensuite repris une chronique « Traditions africaines ». 

Parallèlement à cela, je travaille pour la radio Africa Radio, anciennement Africa n°1 et première radio africaine en France. Je suis également militante associative, engagée au sein de plusieurs associations.J’exerce également en qualité de journaliste indépendante avec un magazine web relatif à la littérature africaine, aux associations, à l’entrepreneuriat en particulier féminin et à toutes les formes d’art ( mode, musique, peinture, musique, bande dessinée…). Je gère une rubrique « Introduction à .. » sur You Tube où je publie des articles, des reportages et des interviews filmées

Focus Africa:Vous êtes pressentie pour Abuja pour soutenir les femmes dans leur combat contre le racisme et la violence, quel message souhaitez-vous transmettre à ces femmes dont vous êtes « l’étoile montante » ? 


Khoudia MBAYE:L’union fait la force et il est nécessaire que nous les femmes soyons solidaires et unies. Cessons de nous diviser pour des détails matériels futiles et essayons aussi d’aider les hommes, si nécessaire, car nous sommes complémentaires et personne ne doit être exclu


Focus Africa :Quelle est votre analyse sur le sujet des mariages précoces en Afrique et quelles stratégies envisageriez-vous afin de mettre fin à ces pratiques ?


Khoudia MBAYE:Tout d’abord, je trouve très préoccupant, qu’au 21ème siècle, on parle encore de mariages forcés, de grossesses précoces et de violences tout simplement. La femme est bâillonnée comme dans de nombreux autres pays d’ailleurs. Concernant le continent Africain, il est nécessaire d’envisager des stratégies différentes selon les cultures des pays concernés, en fusionnant avec certaines traditions qui font encore partie des valeurs africaines. Il y a encore, en effet, de nombreux aspects positifs dans ces traditions.  La stratégie la plus efficace, à mon sens, passe par l’éducation. Cette éducation ne concerne pas seulement les filles mais les garçons également car, ne l’oublions pas, ce sont des mères donc des femmes qui éduquent les garçons. Quand une femme est bien assise, c’est toute une société qui est assise. Les hommes doivent être éduqués à considérer les femmes comme des êtres humains à part entière et sur un pied d’égalité avec eux-mêmes. Il n’y a ni différence, ni supériorité. La relation homme-femme ne doit pas être une relation basée sur la hiérarchisation mais sur la complémentarité. 


Focus Africa:Exercer un métier peut-il être un moyen d’émancipation pour les femmes ? 


Khoudia MBAYE Bien sûr! Pour moi, le secret est là ! S’il y a autant de violences actuellement en Afrique c’est que le matriarcat est en train de revenir et cela effraie les hommes qui y voient la perte de leur pouvoir sur les femmes. Ce pouvoir s’est exercé pendant longtemps, à travers des codes culturels importés par des étrangers ; je fais allusion à la colonisation, à l’islamisation, à l’évangélisation et également à l’école occidentale totalement différente de notre système scolaire. Le travail des femmes leur permet de devenir indépendante sur le plan économique et d’acquérir ainsi un pouvoir de décision.   


Focus Africa Que répondez-vous aux gens  qui prétendent que les femmes ont aussi une part de violence ?


Khoudia MBAYE:Je ne vois pas sur quelles bases certains personnes  s’appuient pour affirmer cela. Si on considère l’histoire de l’Afrique, le système matriarcal qui fonctionnait autrefois faisait que la femme était respectée, aimée et même vénérée. Nous avons malheureusement tourné le dos à nos coutumes, nos valeurs, notre spiritualité, notre culture ; cela a déstabilisé nos sociétés et généré de la violence. C;est un problème très complexe. Je peux comprendre que les hommes soient effrayés par cette évolution mais ils doivent aussi se remettre en question sans chercher à s’aligner sur le modèle dominant. .  

Focus Africa:Quel est votre dernier mot ? 


Khoudia MBAYE:Je dirais aux femmes de se former d’avantage, et tout entreprendre afin de gagner leur vie par leur propres moyens, donc de travailler, sans sous-estimer aucune activité, afin de gagner en autonomie et indépendance. C’est la condition pour que la violence conjugale cesse. 
Uche EJIMS Focusallafrica@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.