La Chine dévoile le prototype d’un train capable de filer à 600 km/h

L’entreprise publique de construction de trains assure que la production de ces trains à sustentation magnétique débutera en 2021. Objectif: concurrencer le Japon qui prévoit de faire circuler les siens en 2027.

Les trains du futur circuleront-ils à plus de 500 km/h? Chinois comme Japonais en font le pari.  La CRRC (China Railway Rolling Stock Corporation) vient de dévoiler le prototype d’un modèle capable d’atteindre 600 km/h en vitesse commerciale. Et cette entreprise publique spécialisée dans la construction ferroviaire assure que ce train de nouvelle génération entrera en production en 2021. Un exploit puisque les modèles de TGV les plus rapides d’Alstom n’ont jamais atteint cette vitesse et que sur les lignes actuelles ils roulent au mieux à 350 km/h.

Le prototype nippon est le plus rapide du monde

Pour espérer atteindre 600 km/h, le « Maglev » chinois utilise une technologie particulière: la sustentation magnétique. Le train n’est pas en contact physique avec les rails. La technologie est éprouvée. Au Japon, la compagnie ferroviaire JR Central a battu en 2015 le record mondial de vitesse. Son train à sustentation magnétique a atteint 603 km/h pendant quelques secondes. Et depuis 2002, un modèle mis au point par l’Allemagne -pionnière de cette technologie- circule entre l’aéroport de Pudong et le centre de Shanghai. Sept minutes et vingt secondes suffisent à ce Maglev pour parcourir ce tronçon de 30 km où il atteint en vitesse de pointe 431 km/h.

Sur le papier, ces trains plus rapides et plus confortables paraissent très bien armés pour concurrencer l’avion au moins sur des distances inférieures à 3000 kilomètres. Mais il y a un obstacle majeur: son prix. Le coût de construction d’une ligne de trains à sustentation magnétique, tant en Europe de l’Ouest qu’au Japon, oscille entre 130 à 150 millions d’euros du km, soit huit fois le tarif d’une ligne TGV classique. Pour les rentabiliser, il faut soit pouvoir vendre les billets à des prix exorbitants, soit subventionner la ligne.

Un combat sino-japonais

La compagnie ferroviaire chinoise n’évoque d’ailleurs pas de projets précis de ligne dédiée à son futur train à sustentation magnétique. Elle prend juste l’exemple d’une liaison Pékin-Shanghai (1300 km) que ce modèle pourrait parcourir en trois heures et demie. L’enjeu est en fait ailleurs. La Chine est avant toute chose entrée dans une course de vitesse avec le Japon.

La Japan Railways a engagé un énorme chantier pour faire circuler son Maglev entre Tokyo et Nagoya. L’ouverture de la ligne est prévue pour 2027. La facture s’élève à 45 milliards d’euros. Pour cette distance de 288 km, le Maglev japonais devrait mettre 40 minutes de Nagoya au lieu de 90 minutes actuellement. Un second tronçon allant jusqu’à Osaka est prévu pour 2037 pour une facture totale de 70 milliards. A ce tarif, difficile d’imaginer que les Maglev puissent un jour circuler en Europe.

Source: bfmtv.com

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