La menace de Bouréma Condé suscite des vives réactions


Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, a menacé récemment des « sanctions disciplinaires » aux associations et ONG qui se livreraient à des manifestations politiques contre la nouvelle Constitution, allant jusqu’au retrait de leurs agréments.

Cette sortie de Bouréma Condé a suscité des vives réactions en Guinée.

Le leader du parti MoDel, un mouvement politique, qui n’a pas encore été agréé n’a pas fait de cadeau au ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. Aliou Bah, estime qu’ « Il y a aujourd’hui une discrimination vis-à-vis des guinéens compte tenu de leurs discours et en fonction de leurs attitudes vis-à-vis du pouvoir. On leur prive ce que la constitution leur accorde. Le cas du MoDeL, est un cas illustratif de cet état de fait et au-delà de ça, il s’est permis de prendre une décision qui est contraire aux dispositions constitutionnelles en ce qui concerne la liberté de manifester », regrette le jeune leader politique.

Pour Bah Oury, de l’UFDG renouveau, « C’est une grosse bêtise, une grande méconnaissance de la Loi. »

Selon l’ancien Vice-Président de l’UFDG, « Un communiqué d’un ministre ne peut pas aller à l’encontre des Lois de la République, à l’encontre de la Constitution de notre pays. Il devrait revoir sa déclaration parce que ce qu’il vient de faire est un acte extrêmement grave qui peut mettre la stabilité de notre pays en cause », a fait remarquer Bah Oury.

De son côté, Me Frédéric Loua de l’ONG ‘’Même Droit pour Tous’’ estime que c’est une panique générale qui s’empare au somme de l’Etat, parce que, estime-il, la loi permet bien sûr aux ONG de faire de la politique, à travers la Société civile, mais une politique sociale.

« « Décidément, un vent de panique générale s’empare de l’Etat, au plus haut sommet. De là, à s’attaquer aux ONG, je pense que c’est une méconnaissance de la loi. Les ONG ne concourent pas à la recherche du pouvoir au sens strict, mais les ONG sont appelées, en tant qu’organisations de la société civile, à s’intéresser aux bien-être de la société. En ce sens-là, les ONG font de la politique, mais de la politique sociale », a-t-il estimé.

Devant les menaces des sanctions disciplinaires,  Me Frédéric Loua apporte des précisions :

« S’il le fait, il agira en toute illégalité. On ne peut pas, sous prétexte que les ONG sont engagées pour le respect de la loi, retirer des agréments et les interdire leurs activités. Il a déjà posé d’autres actes, c’est un processus dans lequel le ministre s’est engagé, mais cela n’est pas à son avantage »,a-t-il conclu.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

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