La Turquie ne veut plus être la poubelle de l’Allemagne // En Tunisie, le blocage contre le désespoir

Une bonne partie des déchets triés par les consommateurs en Allemagne atterrissent en Turquie. Mais le recyclage, quand il a lieu, ne se fait pas dans de bonnes conditions. // Dans le sud de la Tunisie, des jeunes désespérés bloquent des sites industriels dans l’espoir de se faire entendre du gouvernement.

Reportage. Cliquez ici pour lire l »audio:

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Depuis quelques années, la Turquie est devenue la destination principale des déchets plastiques en provenance d’Europe. L’Allemagne est l’un des principaux fournisseurs.

En 2017, elle exportait 18.000 tonnes de déchets d’emballage vers la Turquie. Deux ans plus tard, ce sont 67.000 tonnes de déchets qui sont arrivés en Anatolie, officiellement pour recyclage. 

Mais selon Sedat Gündogdu, chercheur à l’université Cukorova à Adana, dans le sud de la Turquie, le processus de recyclage n’est pas transparent. En principe, la Turquie ne devrait importer que des déchets propres, mais en réalité, la plupart des déchets qui arrivent ne sont pas recyclables.

Des centres de stockage de déchets recyclables qui partent en fumée, des « moutons noirs » de la profession selon Sedat Maden, de l’Association des entrepreneurs du recyclage papier

Des centres de stockage de déchets recyclables qui partent en fumée, des moutons noirs de la profession selon Sedat Maden, de l'Association des entrepreneurs du recyclage papier
Des centres de stockage de déchets recyclables qui partent en fumée, des « moutons noirs » de la profession selon Sedat Maden, de l’Association des entrepreneurs du recyclage papier

Au lieu de ça, ils sont brûlés, souvent à proximité de cours d’eau et de rivières. Ou bien les centres de stockage partent en fumée pour des raisons obscures.

Le recyclage pose lui aussi des problèmes car les entreprises ne respectent pas les standards de protection de l’environnement. Bien souvent, le microplastique finit dans la mer Méditerrannée.

Sedat Gündogdu appelle à stopper complètement les importations de déchets. Selon lui, ce serait aussi plus honnête vis-à-vis des consommateurs allemands.

L’association Greenpeace estime elle aussi que la forte hausse des déchets plastiques en provenance d’Allemagne est un poids trop lourd pour la Turquie. 

Le ministère turc de l’Environnement a d’ailleurs décrété au début de l’année qu’au moins la moitié des besoins en déchets recyclables doit provenir de Turquie. Des projets comme celui du quartier de Zeytinburnu peuvent y contribuer.

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Des sites industriels bloqués en Tunisie

Les blocages font des émules dans le sud de la Tunisie (ici, le blocage d'un site dans la région de Tataouine, en juillet 2020)
Les blocages font des émules dans le sud de la Tunisie (ici, le blocage d’un site dans la région de Tataouine, en juillet 2020)

Les blocages font des émules dans le sud de la Tunisie (ici, le blocage d’un site dans la région de Tataouine, en juillet 2020)

La Tunisie commémore ce mois-ci les dix ans de sa révolution. Mais le cœur des Tunisiens n’est pas vraiment à la fête. Aucune grande célébration n’a eu lieu dans le pays à cette occasion. La faute au coronavirus, qui fait tourner la vie au ralenti… mais aussi surtout à la situation économique. 

Car depuis la révolution, la Tunisie a connu des attentats à répétition, la chute des revenus touristiques et l’endettement massif du pays. Aujourd’hui, ce sont surtout les jeunes qui font les frais de cette situation économique détériorée. 

Sans espoirs et souvent sans travail, certains d’entre eux ont bravé le couvre feu nocturne pour caillasser la police et faire entendre leur mécontentement. Ces troubles nocturnes sont très médiatisés, mais un autre mouvement de protestation passe plus inaperçu à l’étranger. Il s’agit de ce que les tunisiens appellent les “blocages”. 

Des centaines de sit-inneurs bloquent ainsi l’accès aux sites stratégiques du pays – pétrole, hydrocarbures, phosphates -, pour tenter de se faire entendre du gouvernement. Amira Souilem s’est rendue dans le sud du pays à la rencontre de jeunes hommes qui ont planté leurs tentes à l’entrée du site industriel de Skhira… 

Vu d’Allemagne est un magazine radio hebdomadaire, proposé par Hugo Flotat-Talon et Anne Le Touzé, diffusé le mercredi et le dimanche à 17h30TU, et disponible aussi en podcast. Ont contribué à ce numéro : Christian Buttkereit (reportage en Turquie) et Amira Souilem (reportage en Tunisie) .Vous retrouvez tous les numéros dans la médiathèque, à écouter en ligne ou à télécharger en format MP3. Le podcast est également disponible sur certaines plateformes de podcasts.

Source: dw.com

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