L’Allemagne divisée après l’annonce de retraite internationale de Mesut Özil

Si les personnalités politiques allemandes à l’image d’Angela Merkel ont dit respecter la décision de Mesut Özil de quitter la Nationalmannschaft, la presse continue de reprocher au joueur sa proximité avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

En Allemagne, la polémique enfle après l’annonce de retraite internationale de Mesut Özil, blessé par les critiques reçues avant en pendant le Mondial concernant ses origines. Si la Turquie a globalement soutenu la décision du joueur d’Arsenal, saluant son «combat contre le fascisme», la réaction s’est avérée bien différente outre-Rhin. Lundi matin, la presse allemande s’en est prise de manière assez virulente au joueur. À commencer par le quotidien Bild, premier média à avoir dénoncé l’attitude d’Özil, qui s’était s’affiché sur les réseaux sociaux en photo avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. Un comportement perçu comme une marque de soutien à un dirigeant autoritaire et un manque de fidélité à l’Allemagne à quelques semaines de la Coupe du monde.

Dans son édition du jour, Bild dénonce une «démission faite de jérémiades décousues» et reproche au champion du monde 2014 de soutenir «un despote» qui cherche à imposer une «dictature islamiste». Le journal revient ensuite sur les performances sportives du Gunner d’Arsenal, et fustige le niveau «lamentable» du joueur, qui a participé à l’élimination précoce de la Mannschaft lors du Mondial russe, dès le premier tour.

De son côté, le quotidien berlinois Tagesspiegel dénonce «l’ambiance populiste qui règne dans en Allemagne. Le départ de Mesut Özil est une césure sportive, politique et sociétale. C’est plus que l’avenir du 11 national qui est en jeu», peut-on lire.

Mais les réactions ne s’arrêtent pas là. Interrogé par la chaîne Sport1 sur la décision de l’ancien joueur du Real Madrid, le président du Bayern Munich Uli Hoeness a critiqué les performances du joueur depuis ses débuts avec la sélection allemande. «Pour moi, Özil a eu un alibi pendant des années, il n’a pas du tout aidé l’équipe d’Allemagne (…) Quand est-ce qu’il a passé un adversaire pour la dernière fois ? Personne ne l’a questionné athlétiquement. Maintenant il peut se cacher derrière l’histoire d’Erdogan. Il a joué comme une merde pendant des années et maintenant c’est de la faute de Reinhard Grindel [président de la fédération allemande de football] ou Bierhoff.»

Mesut Ozil et le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan. (Reuters)
Mesut Ozil et le président de la Turquie Recep Tayyip Erdogan. (Reuters)

Dans sa lettre de 4 pages publiée sur Twitter pour justifier sa décision, le milieu de terrain de 29 ans avait en effet dénoncé une attitude raciste de la part de la Fédération allemande. «Aux yeux de Grindel et de ses soutiens, je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigrant quand nous perdons».

Face à ce déferlement de critiques, le désormais ex-protégé de Joachim Löw a pu compter sur le soutien de plusieurs personnalités politiques allemandes, à commencer par celui de la Chancelière, Angela Merkel, connue pour apprécier tout particulièrement le joueur d’Arsenal. «Comme vous le savez, la Chancelière apprécie beaucoup Mesut Özil. C’est un joueur de foot qui a beaucoup fait pour l’équipe nationale. Mesut Özil a désormais pris une décision qui doit être respectée», a dit lundi Ulrike Demmer, porte-parole d’Angela Merkel.

La ministre de la justice allemande, Katarina Barley, a de son côté estimé qu’il s’agissait «d’un signal d’alarme lorsqu’un grand joueur de foot allemand comme Mesut Özil ne se sentait plus représenté dans son pays à cause du racisme».

Source: L’Équipe.fr

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