L’ancien Premier ministre Kabinet Komara à cœur ouvert (Grande interview)

En séjour à Kankan, sa ville natale, Kabinet Komara a accordé une longue interview au Djely. C’est à cœur ouvert que l’ancien Premier ministre sous la transition militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara (2008-2009) s’est confié à notre correspondant en Haute-Guinée : l’historique de l’installation de la famille Komara dans la ville de Kankan, l’histoire de Nabaya, les violences qui ont émaillé la campagne électorale pour la présidentielle du 18 octobre dernier, ses attentes de la gouvernance du président Alpha Condé des prochaines années, le dialogue politique évoqué par certains acteurs politiques et de la société civile, la fermeture de certaines frontières terrestres… l’ancien haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), administrateur suppléant de la Banque africaine de développement (BAD) et chef de mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aux élections présidentielles dans plusieurs pays de la sous-région, comme le Bénin, le Togo, la Guinée-Bissau ou tout récemment le Burkina Faso, parle de tout !

Ledjely.com : Dites-nous dans quel cadre se situe votre séjour actuel à Kankan ?

Kabinet Komara : Comme vous le savez, Kankan est ma ville natale, celle de mes parents, la ville qui abrite notre concession familiale, dans le quartier mythique de Timbo ; la ville où j’ai commencé ma formation religieuse, à l’école coranique tenue à l’époque par le grand imam de Kankan Karamo Lamine Kaba, ami d’enfance de mon père. C’est d’ailleurs pendant que j’étais en cours à l’école coranique que me fut annoncé le décès de mon père ce jour fatidique du 14 octobre 1956, alors que je n’avais que 6 ans. La solidarité intrafamiliale et le soutien des nombreux enfants de mon père et de notre grande famille ont grandement contribué à mon éducation et à celle de mes nombreux frères et sœurs. C’est ainsi que je débutai l’école primaire une année après à Kankan. Par la suite, le fils aîné de mon père, qui était greffier de justice, me prit en charge avec lui à Macenta où j’achevai mon école primaire puis m’emmena à N’Zérékoré où je fus admis au collège. Kankan, c’est aussi la ville où sont enterrés mes parents et mes grands-parents ; en somme mon terroir.  C’est enfin la ville de mes beaux-parents qui consentirent à me donner en mariage mon épouse, elle-même du quartier Banankoroda.

Comme vous pouvez aisément en déduire, il n’est que normal que je vienne me ressourcer dans ma ville natale, conférer avec ma famille élargie, revivre mes souvenirs d’enfance et évaluer de quelle façon je peux contribuer à son épanouissement.

Quels liens particuliers vous rattachent-ils encore à la ville de Kankan ?

Pour répondre à votre question, je serai amené à vous parler brièvement de l’histoire de l’établissement de notre famille à Kankan ainsi que d’un certain nombre de faits évocateurs dans ce cadre. À l’époque à Kankan, l’autorité politique était assurée par le Djamanati, l’autorité religieuse par l’imam ; tandis que l’autorité traditionnelle était assurée par le patriarche ou soti. Il est intéressant de rappeler que depuis l’institution de l’imamat en 1690, Kankan a connu jusqu’à ce jour de 2021, 29 imams de la grande mosquée. Quant au patriarche ou soti, le premier fut intronisé en 1630. De cette date à ce jour, la ville a connu 28 soti. Certains imams ont pu cumuler la fonction d’imamat et de soti.

La ville est divisée en quatre grands quartiers dénommés ‘DA’, à savoir Timbo, Kabada, Salamani et  Banankoroda. Chaque quartier est composé de clans ou Kabila. Une famille ne pouvait mériter d’être reconnue comme porteur d’un nom de clan (Kabila) que lorsqu’elle avait une notoriété reconnue de tous. Le nombre de clan est figé par quartier.

Au début des années 1800, mon arrière grand-père Mohamed Lamine Komara, quitta le village de Tobola qu’il venait de fonder dans la préfecture actuelle de Beyla avec l’objectif de se rendre à la Mecque, avec ses compagnons et une kyrielle de serviteurs. Au moment de traverser Kankan, il fut supplié par le Djamaanati de Kankan à s’installer auprès de lui, à cause  du rôle dont il fut informé que Mohamed Lamine pourrait jouer auprès de lui pour l’épanouissement de sa ville. Mohamed Lamine Komara était reconnu comme un marabout réputé, doublé d’un négociant prospère, d’où le nom de Dioula Mansa qui lui était attribué (littéralement : commerçant prospère). Le Djamanati le fit loger dans la concession des Hôtes à quelques encablures de la concession Djinkono, siège du chef, tout près de la grande mosquée ; tandis qu’un domaine de plus de 100 hectares lui fut attribué, à 6 kilomètre de Kankan, plus précisément à Sedakoro pour y accommoder ses nombreux serviteurs et y développer ses activités champêtres.

Mohamed Lamine, pour éviter toute sujétion à l’avenir, exigea d’acquérir la concession d’hôte en s’acquittant auprès du Djamanati l’équivalent en or de la valeur de la concession et ainsi pouvoir jouir pleinement de tous ses droits dans la cité et particulièrement dans le quartier Timbo. Ceci amena à considérer le clan Komara parmi les 8 clans qui structurent aujourd’hui ce quartier mythique de Timbo à Kankan. 

C’est dans cette concession familiale que Elhadj Omar demeura lorsqu’il visita Kankan en 1945. A l’occasion, il recommanda le lieu convenable pour creuser un puits qui ne manquerait jamais d’eau. Ce puits demeure encore aujourd’hui une source intarissable d’eau dans notre concession.

Eu égard à la réputation hospitalière de la contrée, d’autres frères de notre arrière-grand-père Mohamed Lamine, le rejoignirent.

De la descendance de l’ancêtre Mohamed Lamine naquit mon père, Madikaba Oulen Komara, en 1898. Il épousa en dernière noces ma mère Mariama Kaba, elle-même ressortissante du Kabila, Diamamoudoula de Timbo. Son prénom Mariama fut choisi par ses parents en reconnaissance de la sainte et très vénérée Mma Mariamagbè Kaba, celle dont les incantations et les prières lui révélèrent la zone de l’épanouissement de ses frères Kaba, à savoir la zone de Batè que couvre aujourd’hui la région de Kankan.

Mon père a été particulièrement ami avec le 26e imam du nom de Lamine Kaba dont l’imamat dura de 1948 à 1968. Leur amitié suggéra à mon père de faire porter le nom Alpha Kabiné au premier enfant de son union avec son épouse Mariama. Je suis le fruit de cette union.

Mon père a voulu immortaliser dans sa descendance la personne d’Alpha Kabiné Kaba (connu aussi sous le nom Arafan Kabiné), connu pour sa pureté, sa sainteté et le rôle qu’il joua pour initier beaucoup de mutations positives et salvatrices à Kankan, lesquelles mutations se reflètent dans la tradition d’accueil et d’hospitalité de la contrée.

C’est en effet Alpha Kabiné qui, lorsque Kankan fut menacée de destruction par les hordes animistes dans les années 1750, se rendit avec des ressortissants de Batè à Timbo, capitale du Foutah théocratique, auprès des Almaami Karamoko Ibrahima et Alfa Ibrahima Sory pour élaborer un plan commun, recueillir des bénédictions afin de venir mettre en déroute les assaillants. Cet acte majeur a contribué à raffermir les bases du rayonnement socioculturel de Kankan. C’est de là que fut scellé le pacte entre Timbo du Foutah et le quartier Timbo de Kankan. C’est aussi Alpha Kabiné qui organisa les jeunes en groupes d’âge dénommés ‘Sèdè‘ dont le rôle est capital dans l’animation de la citoyenneté dans la ville de Kankan. Cette structure dont s’enorgueillit Kankan connaît de nos jours plusieurs adaptations au-delà de Kankan comme un facteur de brassage et de solidarité entre les populations. C’est aussi lui qui proclamera Kankan ville d’hospitalité et d’ouverture où l’étranger jouit les mêmes droits que tout autre ressortissant, d’où le nom de Nabaya.

Alpha Kabine fut, dans la lignée, à la fois le chef traditionnel ‘Soti’ et le 8e imam de la grande mosquée de Kankan pendant 30 ans , soit de 1770  à 1800.

Vous comprendrez donc une autre raison assez intime de mon attachement à ma ville natale, de par la volonté de mon feu père qui décida que je porte le nom de celui qui défendit et protégea la ville Kankan de la destruction et qui par la suite donna un grand rayonnement religieux et culturel à la ville.

Au plan culturel, Kankan est connu par sa danse gracieuse que constitue la mamaya, cette farandole riche en couleurs, prisée par tous les Kankanais. La codification de cette mamaya sous sa forme actuelle et son agrément par les autorités coutumières de la ville sont l’œuvre d’un groupe de personnes sous la houlette de mon oncle paternel Dandjo Youssoufou Komara dans les années 1936.

Enfin, au plan de la chefferie traditionnelle, notre famille maternelle n’est pas en reste. En effet, depuis l’instauration de cette institution en 1630, Kankan a intronisé 28 patriarches ou soti. Parmi ceux-ci, quatre sont des oncles en lien direct de ma mère, à savoir mes grands-pères Solomana Kaba de Timbo, 20e patriarche (pour la période 1971 à 1973 ), Laye Kaba de Timbo, 23e patriarche (pour la période 1992-2005), Solomana Kaba n°2, aussi de Timbo, 25e patriarche  (pour la période 2007-2011) et N’Fansoumane Kaba de Banankoroda, 26e patriarche (pour la période 2012-2014).

La cérémonie d’intronisation de chacun de ces chefs traditionnels est toujours l’occasion pour le cercle familial de se retrouver pour louer le Seigneur de ses bienfaits et prier que le règne du Soti soit porteur de bonheur pour la famille et pour tout Kankan.

Je crois qu’avec ce rappel vous pourrez mieux comprendre, au-delà des simples déplacements physiques, pourquoi il est important pour moi de tout faire pour que les valeurs de tolérance et d’hospitalité soient préservées dans cette ville qui a façonné les principes vertueux que nos parents nous ont inculqués.

Parallèlement, notre famille reste très attachée à notre contrée d’origine, Togobala, dans l’actuelle préfecture de Beyla où régulièrement nous nous rendons pour organiser des cérémonies de prières pour tous nos devanciers, pour tous les descendants installés dans différents endroits de la sous-région.

Récemment, en marge de la campagne électorale, la ville de Kankan mais aussi d’autres localités du pays, ont été secouées par des violents incidents, fort regrettables. Comment peut-on expliquer la persistance de ces problèmes dans le sillage des compétitions politiques dans notre pays ?

S’il y a une situation dont j’ai eu à souffrir, c’est d’avoir appris que Kankan, reconnue ville d’accueil, d’hospitalité et de tolérance, a enregistré des violences qui ont semé la désolation et qui ont même endeuillé certaines innocentes familles. Je commence donc par exprimer ma profonde compassion à tous ceux qui ont perdu des biens dans cette furie injustifiable et souhaiter un prompt rétablissement à tous ceux qui ont été blessés dans ces regrettables événements partout dans le pays.

Ces agissements sont condamnables à Kankan mais également partout où de tels actes ont été enregistrés. Je suis sûr qu’aujourd’hui, leurs commanditaires et auteurs ne peuvent pas se regarder eux-mêmes quand ils voient l’ampleur de leur forfaiture. Notre pays ne pourra jamais aller de l’avant, ni améliorer nos conditions d’existence, si du jour au lendemain, certaines personnes insensées, pour des raisons obscures, peuvent se permettre de détruire et réduire à néant les acquis de plusieurs années de labeurs de certains de nos compatriotes.

Notre pays ne peut exploiter le génie de la diversité de sa population si la quiétude n’est pas de mise partout, et s’il n’est pas permis à tout un chacun de s’établir dans n’importe quelle partie du territoire national. Il est donc urgent et impératif de mettre fin à ces actes de destruction du tissu social qui peuvent conduire à de graves comportements de défiance et de méfiance des uns vis-à-vis des autres. Ne pas le faire   équivaudrait à mettre en danger l’avenir des générations montantes. C’est pourquoi il y a lieu de retrouver ceux qui ont attenté impunément aux biens et à l’intégrité physique des citoyens, pour rendre justice et panser les plaies. La cohésion nationale en dépend ! La stabilité de notre pays aussi.

Comment devrait-on prendre en charge les conséquences des tensions ayant émaillé les dernières élections ?

Il n’y a pas mille façons de gérer les conséquences. La seule qui vaille est de reconnaître la réalité d’en face avec courage et engager les mesures correctrices. Des actions de sensibilisation et de prise de conscience doivent être menées pour flétrir ce qui s’est passé, réconforter les victimes et prôner le pardon. A ce sujet, j’ai été heureux de constater que beaucoup d’initiatives sont déjà engagées à Kankan, surtout par les jeunes. Ceux-ci comprennent mieux que quiconque qu’ils sont doublement perdants car non seulement les comportements destructeurs appauvrissent la ville et réduisent les possibilités d’attirer des investisseurs, mais en plus, eux les jeunes se donnent une négative réputation qui amènera à ce qu’ils soient traités avec méfiance partout ailleurs.

Comme exemple d’initiative positive, il m’a été donné, lors de mon séjour à Kankan de lire une banderole  fixée  au carrefour de l’université Julius Nyerere avec pour  slogan : « Caravane des Jeunes pour le Pardon à Kankan : Rejoignez-nous en appelant le 622145329 ou 666851514 ».

J’ai composé le numéro de téléphone et été agréablement surpris de me voir répondre par un jeune universitaire à la base de l’initiative. Près de 500 jeunes volontaires sont déjà inscrits. Un programme assez expressif est en cours d’élaboration pour mettre en route une originale initiative qui créera bientôt à Kankan une dynamique susceptible d’engendrer une vraie prise de conscience autour de la nécessité de restaurer et défendre le vivre ensemble entre tous les habitants de la cité, sans distinction d’ethnie, de religion ou d’appartenance politique. Il est aussi heureux de constater que les autorités religieuses, coutumières et administratives ont accordé leur soutien et leur bénédiction à l’initiative ainsi qu’à d’autres du même genre.

Nous devons encourager et multiplier de telles initiatives à travers le pays pour créer un climat de paix et de concorde afin que les populations s’acceptent.

Le président Alpha Condé promet de « Gouverner autrement », au titre de son nouveau mandat. Que pensez-vous de cette promesse ? 

C’est une très bonne chose que le président Alpha ait lui-même pris l’initiative de déclarer qu’il s’engage à mettre  en œuvre une autre façon de gouverner. Cela veut dire qu’il a pris la mesure des insuffisances sans lesquelles son bilan aurait été plus expressif. Dans son discours de prestation de serment, il a décliné certaines composantes de cette nouvelle approche, à savoir la lutte contre la corruption et la qualification de la façon dont l’administration doit servir les populations. 

Bien que certains soient sceptiques sur la faisabilité de cet engagement, force est de reconnaître que le chef de l’Etat a engagé lui-même un pari avec le peuple de Guinée qui sera en dernier ressort le seul juge, surtout sa jeunesse qui est impatiente de voir se matérialiser les différentes promesses.

Pour ma part, je demeure convaincu que le président a tiré les leçons des multiples actes de réclamations que le pays a connus récemment. Il pourra ainsi faire un meilleur usage du temps et des ressources humaines pour transformer l’immense potentiel dont le pays est doté, au profit de tous, dans l’équité et la justice. Le Premier ministre Kassory Fofana, à peine reconduit, a réaffirmé les mêmes engagements.

Selon vous, quels sont les défis auxquels devrait tout particulièrement se consacrer le chef de l’État au compte de ce nouveau mandat ?

Le premier défi de notre pays est de recoudre le tissu social qui a été sérieusement mis en mal durant les 18 derniers mois. Ceci demandera du courage, du pragmatisme et de la détermination. Il s’agira ensuite et parallèlement de gérer avec intelligence la sortie de crise de la pandémie du Covid-19 avec des mesures d’accompagnement au profit des couches les plus vulnérables et de soutien à l’emploi. Ensuite suivront les chantiers comme la réforme de l’éducation, pour que le pays se garantisse des ressources humaines de qualité capables de répondre aux besoins de tous les secteurs d’activités du pays. Le reste est du classique à savoir la santé, les infrastructures économiques (énergie, route, eau,).

Le Plan national de développement économique et social (PNDS) déjà en cours d’implémentation constitue en la matière un bon bréviaire qu’il faudra mettre à jour, eu égard aux nouvelles contraintes comme la pandémie et le nouveau contexte international qui ne manquera pas de remettre en cause beaucoup de paramètres initiaux mais aussi de créer de nouvelles opportunités à saisir.

Un défi particulier mérite d’être pris sérieusement en compte. Il s’agit de la fluidité de la circulation et des déplacements dans notre capitale Conakry.

En effet, les déplacements constituent un calvaire quotidien, il est fortement souhaitable de prendre des mesures hardies pour la fluidité du trafic. 

Quand on sait que la presqu’ile de Kaloum qui abrite le centre des affaires ne fait 300 ha, que chaque jour, durant la période de pointe près de 4 à 6 000 véhicules entrent par heure dans le centre-ville et que par mois, le pays reçoit au port de Conakry (hors véhicules en transit) près de 5 000 véhicules supplémentaires dont plus de 75% restent à Conakry, on comprendra aisément que le problème ne fera qu’empirer de jour en jour et que nous atteindrons très bientôt un niveau de congestion et d’asphyxie aux graves conséquences économiques, sociales et environnementales.

Au sein de l’opinion guinéenne, beaucoup réclament l’ouverture du dialogue politique. Qu’en pensez- vous et surtout que devrait-on faire pour arriver à un dialogue sincère ?

Notre pays ne peut pas faire l’économie de la nécessité de recréer les conditions indispensables pour que les Guinéens ne se regardent plus avec antagonisme. La voie obligée est de réconcilier à travers un dialogue sincère 

De ce point de vue, des prémices verbaux et des professions de foi assez positives s’expriment de plusieurs côtés. Parmi ceux-ci, il faut citer les propos constructifs du président de l’Assemblée nationale dans son discours d’ouverture de la nouvelle législature où il indiqué la nécessité de renouer le dialogue entre les acteurs politiques.

D’autres leaders de la société civile, des partis politiques de tous bords et des leaders d’opinion ont tenu des propos similaires. Le chef de l’Etat lui-même, dans son discours prononcé lors de sa prestation de serment a aussi exprimé sa disponibilité à travailler avec tous les Guinéens.

Toutefois, n’oublions pas que notre nouvelle constitution a consacré un régime présidentiel assez marqué. Ceci revient à dire que pour donner un contenu vigoureux à cette volonté de dialogue réclamé à l’unisson à travers le pays, le chef de l’Etat devra prendre lui-même l’initiative comme ceci se fait ailleurs. Dès la mise en place du gouvernement, le Premier ministre pourrait être investi de la mission urgente de lancer le dialogue politique. D’ici là, le chef de l’Etat pourrait poser des actes de décrispation suffisamment concrets déjà réclamés par la société civile et par d’autres voix, surtout que certains acteurs politiques majeurs semblent   exprimer leur volonté à adapter leurs attitudes face à la nouvelle réalité.

Parmi ces initiatives, le chef de l’Etat pourrait donner une suite positive aux différentes démarches engagées par certains leaders pour la libération des détenus politiques. Il pourrait aussi répondre positivement aux supplications des transporteurs et opérateurs économiques pour la levée de la fermeture des frontières terrestres, fermeture qui cause beaucoup de dégâts collatéraux. Enfin, l’adoption du ton politique plus apaisé par tous les acteurs politiques contribuera grandement à détendre le climat sociopolitique.

Chaque Guinéen devra contribuer de toute bonne foi et avec sincérité par des conseils et des initiatives positives dans le but de réduire les incompréhensions, sans esprit partisan.

Si nous le réussissons, la nouvelle équipe gouvernementale bénéficiera d’un climat propice pour mettre en œuvre la mission de reconstruction du pays.

Propos recueillis par Michel Yaradouno (Ledjely.com)

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