L’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) à l’index : des bureaux fermés, le DG introuvable !

L’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) a pris feu le jeudi en fin de matinée, suite à un court-circuit parti d’un bureau (Immeuble Chérif, boulevard Diallo Tely) occupé par une remplaçante d’un cadre chassé par le DG de la boîte. A en croire des témoins, le feu a tout ravagé dans ce bureau y compris des objets de valeur dont des billets de banque.

Certains occupants de l’immeuble ont été extradés par une corde de fortune à partir du 3è étage. Plus de heures de temps de panique et de débandade, mais, le patron Jonas Moukamba Kadiata Diallo absent des locaux depuis plus de dix jours selon des témoins, n’a pas bougé, alors qu’il était à un jet de pierre du lieu d’incendie. Ce drame intervient peu avant les débats sur la vie de l’ARMP sur une radio privée de la place qui a dénoncé des arriérées de salaires d’environ un an pour certains travailleurs. Très vite, la Cellule communication assuré par un certain Moussa Diabaté se fend un communiqué pour fustiger « cette imaginaire information, à l’allure fulgurante et à caractère dénaturant, tendant à ternir l’image de notre institution. »

Ce même communiqué de l’ARMP rassure qu’à « cette date, tous les travailleurs ont reçu leurs dus et tous ont eu la notification du Monsieur le Directeur général, leur donnant l’opportunité de réclamer cet état des salaires auprès du Service Administratif et Financier (SAF) de l’ARMP. » M. Diabaté ne pouvait pas dire mieux. Il faut le lui concéder. Mais, un fait qui frise le mensonge a été détecté. Il s’agit de la fermeture des bureaux aux cadres. Pour l’ARMP, « c’est un excès de dire que les bureaux d’une telle institution sont fermés. Il suffit tout simplement de visiter le siège de la Direction Générale. » Eh bien on y est allé, parce que l’invitation nous été faite. Au 2è étage, une jeune vigile installée sur une vieille table à branlante et tenant à peine est accrochée à son téléphone, surfant sur Facebook. Le long couloir aux pots remplis de terre sans fleurs n’a aucun signe qui dit qu’il y a une âme en mouvement.

Oui en effet : un tour avec notre guide nous a permis de nous rendre à l’évidence. Le bureau du Responsable des ressources humaines (Ousmane Bérété) est fermé ainsi que celui du logisticien (Mory Fodé Cissé). En face, celui qui occupe le poste de l’Office de certification des entreprises (Kadiatou Doumbouya) et des deux cadres de la Direction de la Formation dont on n’a pas encore les noms (un certain Dr Diallo et M. Camara) est également bouclé. Les bureaux du chargé de communication (Thierno Sow), du Conseiller chargé du suivi (El hadj Mohamed Sedna Nansoko), des chargés de la Réglementation et des Affaires juridiques (eux licenciés et non remplacés), du chef service d’Enquête et inspection (Mamadou Touré), etc. sont fermés et les serrures remplacées sans consentement préalable. Leurs effets toujours bloqués dans leurs bureaux. Les clés sont confiées à un certain Jo Camara, l’autre rescapé de l’ouragan Jonas. Une consigne ferme a été donné aux gardiens : ne jamais recevoir ces indésirables dans les locaux. Le bureau abritant le service informatique est occupé par deux jeunes gens de Jonas Moukamba Kadiata Diallo. Nos sources ne savent pas trop ce que font ces jeunes et cette autre demoiselle partageant le même bureau que l’auditeur interne, un autre rescapé.

Au 3è étage de l’immeuble Cherif, orné de pots de fleurs sans fleurs abrite la Direction générale de l’ARMP. Ici, nous rapport-on, vivent quelques survivants, pour l’essentiel des femmes dont on cherche encore les noms. Ce qui frappe, c’est que l’ARMP s’est littéralement féminisée. Allez-y voir le pourquoi. Qui a dit que la gente féminine inspire ! Dire donc que les bureaux ne sont pas fermés n’est qu’une pure hallucination. Pour preuve on y a fait un tour, en toute liberté. L’ARMP est belle et bien morte.

Le patron des lieux a chassé plus d’une vingtaine des cadres, de très bons et dévoués, témoigne-t-on. Même les nettoyeurs des locaux ont été remplacés par des proches du DG actuel. « Il est venu avec plus d’une dizaine et sans aucun appel à candidature, alors qu’il se réclame régulateur où la transparence, l’équité, la concurrence doivent prévaloir en toute circonstance », dénonce une source digne de foi, confirmée par un membre du Conseil de Régulation, organe suprême de l’ARMP.

Pire, le DG actuel paie irrégulièrement, sa coterie un montant forfaitaire (primes ou salaires, nul ne le sait, on empoche et on la ferme), sans aucun bulletin de salaire, sans contrat de travail, alors que les rares rescapés qui y sont ont encore leur CDI signés depuis plus deux ans. Ce document est n’est plus reconnu par Jonas. On navigue à vue dans les fonds publics. Un précédent dangereux qui mérite d’être élucidé avant qu’il ne soit trop tard. Les trois hauts responsables occupant des fonctions de directeurs et de chefs service cautionnent toutes les déviances managériales de Jonas Moukamba Kadiata Diallo, manifestement très allergique à la contradiction.

Aujourd’hui, plus d’une dizaine de bureaux sont bel et bien fermés et le DG – qui ne vient jamais à l’heure et qui garde souvent des travailleurs jusqu’au-delà de 21h – qu’on reconnait au rez-de-chaussée de l’Immeuble Chérif avec ses multiples grosses valises et une pile de paperasses est de plus en plus absent à son lieu de travail. Son absence est bien remarquée, rapporte un des occupants du rez-de-chaussée. Des mauvaises langues évoquent une fin de course annoncée, à la tête de l’ARMP ! Il parait que l’incendie enregistré le jeudi n’est qu’un signe annonciateur.

Nous reviendrons sur ce qui fait courir, depuis près d’un mois, Jonas Moukamba Kadiata Diallo. Ça risque d’être croustillant !

Jeanne Fofana,www.kababachir.com

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