L’Avocat de Dadis se confie : ’’ Quand il voit comment va son pays aujourd’hui, j’avoue qu’il ne dort pas’’

 

 

« Le président Dadis a été effectivement entendu dans le cadre de cette affaire à titre de témoin. Il a été entendu le 28 février 2014 au Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou par le doyen des Juges d’instruction ».

 

Ces propos son de Maître Jean Baptiste Jocamey Haba, avocat du Capitaine Moussa Dadis Camara, qui s’exprimait au micro de notre confrère bourkinabé de l’Observateur sur le dossier du massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

 

Alors que les ONG de défense de droits de l’homme et la Cour Pénale Internationale déplorent la lenteur dans la procédure et menacent de se saisir du dossier, l’avocat de l’ex-Chef de la junte militaire, estime pour sa part que la procédure suit son cours normale.

 

’Le pool en charge du dossier mérite une confiance. Peut être d’aucuns vous diront que les événements se sont produits en 2009 mais pourquoi c’est seulement le 28 février 2014, soit plus de trois ans après que le président a été entendu. La justice est un domaine très compliquée qui demande des règles de procédure très strictes.  Lorsque vous avez dans un dossier plus de 500 ou 1000 personnes dans une affaire aussi internationalisée, je pense qu’il faut aller avec minutie. La procédure suit son cours normale. Il ne s’agit pas d’une seule personne qu’on veut suivre. Je le dis clairement, dans cette affaire il y a Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba », et autres qui sont poursuivis pour ‘’assassinats, meurtres, viols, pillages, incendie, vols à main armés,….’’

 

Poursuivant, Me Haba ajoute : « Nous vivons dans un Etat de droit où tout est réglementé. Il y a une disposition de la constitution qui est claire, et la constitution, c’est quand même l’acte fondateur  de la République. C’est quand même la Loi Suprême du pays selon l’article 44. Cet article 44 dit ceci : « Les anciens présidents de la République prennent rend protocolaire immédiatement après le président de la  République dans l’ordre d’ancienneté de leurs mandats, et avant le président de l’Assemblée nationale. Ils peuvent être chargés de mission spéciale par le président de la République. Ils bénéficient d’avantages matériels et d’une protection dans les conditions qu’une Loi Organique détermine. Le président Dadis a posé des actes pour les Guinéens. Je vois vraiment mal qu’un tel président, qu’un tel ancien chef d’Etat  ne puisse pas bénéficier de cela. C’est une honte pour la Guinée. Cela ternit l’image de la Guinée devant le Burkina qui est le pays hôte du capitaine. Et ça n’honore pas nos institutions, ça n’honore pas notre président qui, lui même  président aujourd’hui, demain, deviendra ancien président. Je parle selon les principes  d’une démocratie. Je sais que lui-même, il est démocrate, et je sais que la même constitution fixe le nombre de mandats à deux. Le président doit prendre des dispositions. Le président Dadis a fait quatre ans hors du pays, il faudrait que l’on pense en Guinée, à l’honorer. Si l’on ne veut pas l’honorer, il faudrait quand même que nous respections nos textes de Loi, pour lui accorder ce privilège. Il faudra qu’il en bénéficie. Nous allons entamer des démarches dans ce sens, car trop c’est trop. Ça  n’a que trop duré, et nous entamerons des démarches. Je pense que des personnes éclairées, des personnes habilitées à régler une telle situation seront bientôt saisies. Je sais qu’elles sont déjà saisies. Elles ne devraient même pas attendre d’être saisies, car c’est un droit acquis. », a-t-il estimé.

 

Maitre Jean Baptiste Jocamey Haba, a également indiqué que Dadis se préoccupe beaucoup de la situation actuelle de la Guinée : «Quand le président Dadis Camara voit comment va son pays aujourd’hui,  j’avoue qu’il ne dort pas. J’avoue qu’il a un grand souci, voila comment se présente aujourd’hui l’état du président Dadis Camara…»

 

Et pour conclure, Me Jean Baptiste Jocamey Haba estime que Dadis pourra rentrer en Guinée au moment où il voudra : « En ma connaissance, et en ce jour, il ne m’a jamais dit cela. En ma connaissance, il n’a jamais décidé de venir un seul jour et qu’il ait été empêché. Je ne suis pas en train de défendre les autorités en place, non. Je vous assure que le jour où le président Dadis voudra rentrer en Guinée, il rentrera. Si l’Etat guinéen s’oppose, si l’Etat burkinabé s’oppose, ils nous diront pourquoi ils s’opposent à son retour dans son pays. Il y a la Cour de la CEDEAO qui existe. Je vous le garantis déjà que nous saisirons cette juridique, et qui imposera ou qui ordonnera que le président Dadis rentre en Guinée. », -t-il conclu.

 

Abdoul Wahab Barry, Kabanews

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