« Le cycle économique de la Guinée est le plus performant de l’Afrique, voire du monde », Dixit le ministre des Finances


Ne vous y trompez pas ! On est tous sur la planète terre. En Guinée précisément. Et c’est là que réside le ministre de l’Economie et des finances. Mamady Camara était lundi soir sur le plateau de la télévision guinéenne.

Dans une éloquence qui frise un réel manque de maitrise des sujets, il s’est évertué à défendre le bulletin de santé de la Guinée. Selon lui, l’économie guinéenne se porte bien, avec 6% de croissance. Et mieux, avec une croissance du PIB de 9%, la Guinée « a connu un cycle économique le plus performant de l’histoire du pays et parmi les plus performants d’Afrique, voire du monde. » Mamady Camara ne se limite pas là. Il annonce que tout sera rose entre 2019 et 2020. Sauf que cette performance « ne s’est pas traduite dans l’amélioration du panier de la ménagère ».

Seulement, voilà ! En parcourant le site de la Banque mondiale, la situation économique de la Guinée est loin d’être ce que le ministre décrivait. Extrait des données de la Banque Mondiale dont la dernière mise à jour date de ce mois de mai 2019 : « La croissance qui s’établissait autour de 10 % en 2016 et 2017, a ralenti pour atteindre 5,8%, en 2018. Elle demeure néanmoins  robuste, tirée par les investissements directs étrangers (IDE) dans le secteur minier. L’industrie minière a d’ailleurs connu une croissance d’environ 50 % par an en 2016 et 2017. La croissance du secteur non minier a pour sa part atteint 5,6 %, l’investissement dans les infrastructures et la croissance des secteurs primaire et tertiaire restant solide. À 9,9 % en 2018, l’inflation a frôlé les deux chiffres, sous l’effet d’une augmentation des prix du carburant et des tarifs de l’électricité.

Le déficit budgétaire a légèrement augmenté en 2018. Néanmoins, le solde budgétaire primaire a quelque peu diminué, passant de 2,7 % du PIB à 2,4 % entre 2017 et 2018. Cette amélioration tient à la réduction des subventions aux prix du carburant, la hausse des tarifs de l’électricité et la limitation des recrutements et des promotions dans le secteur public. Les recettes fiscales ont augmenté de 0,3 % du PIB, essentiellement à cause des revenus tirés du secteur minier. Cependant, les dépenses en capital ont augmenté de 0,4 % du PIB. En conséquence, le solde global s’est légèrement détérioré, passant de -2,0 % du PIB en 2017 à -2,2 % en 2018.

Le risque de surendettement reste modéré, même si les emprunts extérieurs non concessionnels ont augmenté en 2018. La dette publique totale rapportée au Produit intérieur brut (PIB) est retombée à 38,4 % en 2018, contre 39,6 % en 2017.

L’économie guinéenne reste confrontée à deux risques majeurs en 2019 : le pays doit maintenir le cap des réformes macroéconomiques et budgétaires et assurer la stabilité sociale et politique. Les élections législatives prévues en 2019 risquent d’affaiblir l’élan des réformes structurelles et la rigueur des politiques publiques, au détriment de la croissance économique à moyen terme. En outre, la lenteur des progrès en matière de développement des infrastructures pourrait ralentir la croissance. Sur le front extérieur, la baisse des prix des matières premières et le ralentissement de la croissance économique en Chine pourraient nuire à l’expansion de l’activité en Guinée. »

A chacun d’en juger…

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