Le football au Brésil : grandeur et décadence

Une Seleção qui a retrouvé son allant et un jeu équilibré, un sport national miné par l’ultra-violence et la corruption, un vivier exploité sans limites : le Brésil est une planète football à lui seul.

Il a fallu se relever du traumatique 1-7 face l’Allemagne encaissé sur son sol lors de la Coupe du monde 2014. Après le bref épisode Dunga, l’équipe nationale du Brésil est redevenue une sélection digne de respect et candidate légitime au titre de champion du monde en Russie cet été.
Le sélectionneur à l’origine de ce redressement se nomme Tite, qui sait mêler la vieille garde (Miranda, Marcelo, etc) et les surdoués tels Coutinho ou Gabriel Jesus, le tout emmené par un Neymar qui doit assumer son rôle de guide. «Il a remis de l’ordre dans la maison», se félicite José Aloisio, champion du monde des clubs avec São Paulo en 2005 et ex-attaquant de Saint-Etienne et du PSG. Tite a du mérite car le niveau du Championnat du Brésil stagne.
De nombreux talents surgissent chaque saison mais filent illico tenter l’aventure en Europe, en Asie ou ailleurs.
En première division, la moyenne de spectateurs est passée de 60 000 à 15 000 en moins de dix ans.
De plus, la débandade de la Fédération, percluse de corruption et de fraude, empêche un travail serein, sur la durée. Tous les derniers présidents sont en prison, en attente de procès ou interdits de sortie du territoire… Un constat à la hauteur de la crise politique qui traverse le géant d’Amérique du sud depuis des années, où le clientélisme a remplacé le jeu démocratique.

Autre vice de la société brésilienne qui envahit le football : la violence extrême qui coûte, chaque année, la vie de plusieurs supporters impliqués dans des bagarres ou des attaques. En conséquence, la fréquentation des stades s’effondre. En première division, la moyenne de spectateurs est passée de 60 000 à 15 000 en moins de dix ans, même chez des clubs réputés pour la fidélité de leurs fans tels Corinthians et Palmeiras. La Seleção a la lourde mission d’apporter un shoot de bonheur en juillet prochain…

Un dossier à retrouver en intégralité dans le numéro spécial Brésil en kiosques mardi et en version numérique ici.

Eric Frosio

https://www.francefootball.fr

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