L’e-learning en Afrique à l’heure de la Covid-19

Par Mounir Swissi

Plusieurs pays africains ont lancé des plateformes d’enseignement en ligne. Ces initiatives ne peuvent pourtant pas être généralisées sur le continent, « faute d’infrastructures adéquates ».

Tunis (dpa) – Pour compenser la fermeture des établissements d’enseignement et de formation (écoles, lycées, universités) causée par la pandémie de Covid-19, des pays africains ont opté pour l’enseignement à distance.

C’est le cas notamment du Cameroun qui a mis à la disposition des élèves du primaire et du secondaire une plateforme d’apprentissage numérique baptisée « Educlick ». Cette plateforme propose des cours gratuits du programme scolaire, ainsi que des exercices payants, selon Radio France Internationale (rfi).

« Educlick » avait été lancée en 2018 comme plateforme de rencontre entre enseignants et apprenants, pour permettre aux personnes défavorisées d’avoir accès à l’éducation. Mais, depuis l’apparition de la pandémie dans le pays, « les inscriptions ont explosé », selon un article sur le site de la radio.

De nouvelles plateformes en ligne

Au Tchad, le ministère en charge de l’éducation a lancé « EduTchad », une plateforme d’enseignement à distance à laquelle Tigo, opérateur tchadien de télécommunication, a rendu l’accès gratuit. Le Bénin pour sa part a lancé une plateforme numérique d’enseignement à distance destinée aux étudiants des universités publiques, qui « permettra aux étudiants des facultés, écoles et instituts de gros effectifs, de suivre les cours en ligne durant la période du coronavirus », a annoncé le gouvernement béninois. Son accessibilité est également gratuite via le « Zéro rating ».

Le Programme d’appui à l’intégration socio-économique des jeunes en Guinée, financé par l’Union européenne (UE), vient de lancer son plan « pilote » de formation en ligne, afin que ses bénéficiaires puissent continuer à apprendre malgré les restrictions sanitaires actuelles. Les apprenants participant à ce programme bénéficient d’un accompagnement et d’une dotation hebdomadaire de connexion à Internet pour faciliter le téléchargement des contenus des cours.

En Afrique du Nord, le Maroc a lancé un cours d’alphabétisation à distance au profit de plus de 290.000 personnes, soit 95 pour cent du total des inscrits au programme marocain de lutte contre l’analphabétisme. Il s’agit d’un programme alternatif dans le cadre des mesures préventives prises face au coronavirus.

Peu de connexions, faibles débits

« Bien qu’elles soient louables, ces initiatives ne peuvent être généralisées en Afrique, faute d’infrastructures adéquates », a déclaré à la dpa Tarek Belhadj Mohamed, responsable au Centre international de formation des formateurs et d’innovation pédagogique, un organe relevant du ministère tunisien de l’Éducation. « En effet, dans la majorité des pays d’Afrique, moins d’un quart de la population a accès à Internet comme l’a annoncé, récemment, l’ONU. »

« Dans plusieurs pays africains à faible revenu, même si une connexion Internet est disponible, le débit est faible, surtout dans les zones isolées. Cela nécessite un investissement dans des infrastructures mobiles haut débit », a-t-il ajouté. « Il y’a aussi le problème de l’alimentation en électricité. Beaucoup de ménages africains, surtout en milieu rural, n’ont pas accès à l’électricité ».

« Le processus de la digitalisation, en général, ne doit pas être limité à la gestion de la crise imposée par la pandémie de Covid-19. Il faut investir davantage dans le numérique. Celui-ci offre une grande opportunité économique pour l’Afrique », a conclu Belhadj Mohamed.

Source: https://www.dpa-news.de/

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