Le peuple, grand perdant de la présidentielle de 2020

Usé par la précarité impitoyable, abusé par des promesses farfelues, à faire dormir débout, désabusé par une querelle de l’élite politique d’un côté vieillissante et égocentrique, de l’autre par une victimisation qui frise le désarroi, etc., décidément, le grand perdant de cette élection du 18 octobre qui a pour autant connu la victoire de l’opposant Dalein Diallo, selon le candidat de l’UFDG en personne est bien le peuple. Dalein Diallo a quant à lui réussi à drainer du monde devant les bureaux de vote. Il l’a fait autant dans sa campagne.

Ce monde qui l’acclame et qui est aujourd’hui la plus grande victime du système de la fraude et de la répression jusque dans les ménages est pour l’essentiel abandonné à lui seul. Comme si, par exemple quand le prix des denrées alimentaires grimpe, cela ne concerne que les combattants réels pour la démocratie.  Aujourd’hui, peu de familles mangent à leur faim. Peu de familles ont des diplômés qui travaillent. Peu de familles ont accès aux secteurs sociaux de base. C’est dire que nul ne doit fermer les yeux et tourner le dos quand on lutte pour le bien être, pour le respect des principes démocratiques et des libertés fondamentales individuelles et collectives. Autant dire que l’alternance ne concerne pas que le camp d’un leader politique.

Mais, s’interroge un confrère, est-ce seulement une défaite de Cellou Dalein Diallo, resté le cheval sur lequel beaucoup misent pour l’alternance? Certainement non ! « C’est aussi l’échec d’un peuple qui semble renoncer. Le peuple de Guinée qui ne parvient pas ainsi à imposer une ligne rouge à son élite. L’échec du 18 octobre, peut-être perçue comme une mésaventure de Dalein qui n’est pas parvenu à accéder au pouvoir par la voix des urnes. Mais en réalité, le plus important d’ailleurs, c’est qu’il s’agit d’un échec cuisant du peuple de Guinée à pouvoir faire tomber le mythe de la longévité au pouvoir par la voie des urnes, à imposer l’alternance comme principe démocratique de mise et à montrer que nous sommes attachés à des valeurs sur lesquelles nous sommes intraitables. »

Le peuple est loin d’être prêt pour s’assumer…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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