Le temps de répit du CNRD s’égrène…

Colonne par deux, trois, voire quatre ! Tous à la même enseigne, devant les nouvelles autorités de Guinée, qui, pour régler des comptes à l’ancien régime, qui pour tenter de retrouver solution à une préoccupation, qui pour faire un plaidoyer, qui enfin pour donner des conseils et alerter.

Les consultations se poursuivent entre différentes corporations et le CNRD. Les médias guinéens affichent un trop-plein de déclarations, de réaction de soutien. La redondance et la lassitude commencent à s’inviter. En lieu et place de l’euphorie généralisée qui s’est soudainement  emparée des Guinéens, presque de tous bords politiques.

Environ 21 jours depuis la chute d’Alpha Condé, on vit la même monotonie, le même défilement, les mêmes préoccupations ou presque. C’est comme si le temps de répit du CNRD est en train de s’effilocher. Doucement, tranquillement. Et l’angoisse grandit chez les uns, le doute s’installe chez les autres. La longue patience est en train céder. Un moment opportun que devrait saisir les nouvelles autorités pour monter d’un cran, afin d’apporter une meilleure visibilité de l’action salvatrice que constitue la chute du vieil homme. Jusque-là, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais, le fait de rendre publique la liste des membres du CNRD rassure ou décourage, en tout cas fixe l’opinion quant à la suite à accorder à la junte. A cette liste, il faudra ajouter un chronogramme de transition réaliste et réalisable. Cette démarche permettra aussi aux Guinéens de se fixer sur la marche à suivre.

Parallèlement, la mise en place d’un gouvernement de transition qui serait issu de toutes les appartenances politiques, sociales, syndicales, religieuses, etc. La junte est vraiment attendue aussi sur l’opportunité de la mise en place d’un Comité d’audit, surtout qu’elle dit être venue pour sauver la population de l’orientation politique alors mise en place par le régime défunt. Ces structures, autant elles sont indépendantes, autant la junte aura de nouveaux soutiens. Il reste que, à ce jour, l’expectative perdure. Et le doute s’installe, tout en renvoyant certaines pensées sur la dernière transition, celle du chaos et de la désillusion. Pour l’instant, on n’en est pas là. Vivement donc ces gestes qui rassurent davantage.

Mais déjà, le Cardinal Robert Sarat illumine la junte : « Chaque Pays a son histoire, ses défis à relever, ses erreurs à combattre et à corriger, sa population à éduquer, son rythme de marche. Résistez avec fermeté, sagesse et intelligence aux pressions de ceux dont la seule préoccupation est de voir des processus politiques mis en œuvre le plus rapidement possible pour leurs intérêts inavoués, et au détriment des populations guinéennes. Avant d’envisager des élections présidentielles, posez d’abord les fondations d’une économie solide, d’une société unie, solidaire et capable de développement par le travail. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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