Leçons d’une folle journée : chaude alerte pour Condé !

« Ils avaient certainement beaucoup d’autres choses à reprocher au régime Condé et ne savaient comment l’exprimer. » Ce bout de phrase d’un proche du régime d’Alpha Condé en dit long sur la chaude alerte envoyée au locataire de Sékhoutouréya et à ses affidés et autres zélés qui ont tenté le déni et le mépris pour étouffer dans l’œuf le mouvement syndical des enseignants.

Personne n’aurait parié sur cette folle journée avec morts d’hommes. Entag, Tombolia, Yimbaya, Matoto, Gbessia, Kénien, etc., sur l’Autoroute supposée traditionnellement pacifiques ont tout simplement ravi la vedette à ce qu’il est convenu d’appeler ‘’L’axe du mal’’ attribué à la route Le prince, majoritairement UFDG. Fidel Castro était plus chaud qu’ailleurs. Des jeunes déterminés ont tenu tête aux forces anti émeutes. Cette détermination n’avait rien à voir à une quelconque revendication politique. Aucune manipulation. Cette autoroute-là était bloquée pendant des heures poussant des usagers à rebrousser chemin et se trouver couchettes en ville. Auprès des proches.

C’est un message fort envoyé à Alpha Condé. Il dénote tout simplement du ras-le-bol généralisé de la population, à cette jeunesse en perdition, sans emploi, sans formation, médiocre parce que mal formée. Le quinquennat dédié à cette jeunesse n’aura pas été que de la poudre aux yeux. « Rien ne marche, pas de boulot, pas de perspectives, nous voulons le départ d’Alpha Condé », avait notamment lancé un manifestant devant les caméras d’une télévision privée guinéenne, hier soir à la grande édition d’information.

C’est donc une parfaite illustration du manque d’autorité, de visibilité de l’actuel gouvernement, plutôt porté sur le copinage et l’amateurisme. Cette situation désastreuse sans cesse dénoncée par l’opposition républicaine pourrait bien précipiter le départ de l’opposant historique, lequel navigue à vue depuis près de dix ans. Cette chaude alerte-là – tout Conakry se soulève au même moment – devrait l’inspirer pour changer de mode de gouvernance. Au risque de se voir surpris…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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