Les agriculteurs guinéens aspirent à mieux conserver leurs récoltes

Productions perdues faute de transformation : le problème est connu et récurrent. En Guinée, les agriculteurs s’organisent pour ne plus subir de pertes.

Ce planteur d’ananas dans la sous-préfecture de Friguiagbé, à 135 kilomètres de Conakry, explique : « Il nous faut une chambre froide pour garder nos fruits. Parce qu’il y a des périodes de soudures qui arrivent. Sans oublier les emballages surtout. » 

Les agriculteurs de cette région se plaignent du manque d’infrastructures qui permettraient de conserver leurs produits. Pourtant, un particulier vient de construire une usine de transformation qui fabrique du jus d’ananas. Mais celle-ci ne parvient pas à satisfaire toutes les attentes des agriculteurs de Kindia. 

Abdoulaye Camara est l’un d’entre eux et il critique la méthode de travail de cette usine : « La quantité qu’on produit actuellement, la manière dont le tri est opéré et le prix ne peuvent pas convaincre les producteurs. Parfois, on prend rendez-vous pour la récolte, ils viennent prendre certains fruits et ils laissent les autres. Le reste on le garde avec nous. »

Mauvaise commercialisation

En plus du manque d’unité appropriée pour la transformation, les planteurs de Kindia évoquent aussi la mauvaise organisation de la commercialisation. 0 seconds of 0 secondsVolume 90% 

Ecoutez le reportage de Bangaly Condé en cliquant sur le lien ci-dessous:

https://www.dw.com/fr/guin%C3%A9e-r%C3%A9coltes-kindia-gaspillage/a-59600668

Moussa Soumah, lui aussi planteur et membre d’une coopérative, estime qu’aucune mesure n’est prise pour coordonner la vente des fruits et légumes : « Nous sommes plusieurs dans la fédération. Mais les gens s’en vont pour mettre n’importe comment les produits dans les magasins et tous se gâtent. »

Responsabilité des pouvoirs publics 

Le président de la chambre préfectorale de l’agriculture de Kindia n’est pas du même avis. Wagnabou Bangoura rappelle ainsi les mesures d’accompagnementqui ont été mises en place.

« En 2021, nous avons récolté beaucoup de tonnages et personne n’a perdu dans notre domaine cette année. Actuellement, plusieurs jeunes s’intéressent à notre secteur. Des partenaires comme Enabel nous ont accompagnés. Les planteurs sont d’ailleurs très contents. »

La région de Kindia est réputée pour ces cultures d’ananas et de légumes. De nouvelles unités de transformations permettraient aux paysans d’écouler leurs productions. Mais le manque d’équipement reste un problème tandis qu’agriculteurs et pouvoirs publics semblent se renvoyer la responsabilité de cette situation.

Source: dw.com

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