Les femmes africaines sont incontournables pour le développement du continent

Madame Awa SOW, professeure d’espagnol au collège Khassim Mbacké dans la région de Kaolack au Sénégal, coordinatrice nationale de L’AFADD (Association des Femmes Africaines pour un Développement Durable), à cœur ouvert dans une interview qu’elle bien voulu nous accorder.

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Focus Africa: Je suis ravi de vous connaître, pouvez-vous nous parler de vous même et de votre parcours?

Awa SOW: Je m’appelle Adji Mame Awa Sow. Je suis mariée sans enfants et je vis dans la maison familiale entourée de toute ma famille. J’exerce en qualité de professeure de français et d’espagnol dans un collège de mon département (Khassim Mbacké) dans la région de Kaolack, au Sénégal. Il s’agit d’un grand collège dont l’effectif, assez colossal, est d’environ 700 ou 800 élèves. L’établissement est un peu éloigné de mon domicile mais je me débrouille chaque matin pour m’y rendre en marchant et ainsi, je fais du sport en même temps…. Les cours ont lieu de 8 h à 12 h parfois 14 h. Dans l’après-midi, je ne fais rien de particulier à part préparer mes cours pour le lendemain. Par contre, j’encadre également mes neveux et nièces dans la poursuite de leurs études primaires et secondaires. Parallèlement à cette profession d’enseignante, j’ai intégré les mouvements de femmes et c’est à cette occasion que j’ai connu l’AFADD dont la présidente est Madame Aissatou Guèye. En ce qui me concerne, je suis la coordinatrice nationale de cette association de femmes qui regroupe presque toutes les couches sociales de ma région, voire même de mon pays. AFADD signifie Association de Femmes Africaines pour un Développement Durable.

Focus Africa: Quel a été votre parcours afin de devenir professeur de français et d’espagnol ?

Awa SOW: Voici le résumé de mon parcours: après mes études primaires, j’ai entamé mes études secondaires, jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat, dans une autre région non loin de Kaolack, dénommée Fatick et d’ailleurs région natale du président Macky Sall. Après le baccalauréat, j’ai suivi un cursus universitaire de langues dont l’espagnol. Cet apprentissage de l’espagnol était couplé à celui du français. J’ai ensuite embrassé la profession d’enseignante qui s’est révélée être une vocation pour moi. J’enseigne donc depuis 2003 dans le même établissement. Je dispense des cours de français et d’espagnol aux élèves de la 6e à la 3e, mais les classes prioritaires que je gère sont celles de 3e, depuis au moins huit ans. À la fin de l’année, les élèves de 3e sont soumis à un examen intitulé Brevet de fin d’études Moyen ( BFEM), examen sanctionnant le cycle moyen et permettant à l’élève d’intégrer un lycée où il pourrait décrocher le baccalauréat. Ce diplôme est le sésame permettant la poursuite d’études supérieures

Focus Africa: Vous avez l’air d’être une femme épanouie dans votre travail. Parlez-nous de vos relations avec vos élèves.

Awa SOW : Voici une question qui me fait plaisir. Ma relation avec les élèves est une relation amicale, cordiale, très saine et tous mes élèves sont mes amis. Ils m’aiment et me font confiance. Je les aime également et je les considère comme mes propres enfants. Ils me rendent d’ailleurs souvent visite. La première génération d’élèves que j’ai formée m’a offert de nombreux cadeaux (des tissus, des chaussures, des sacs et même de l’or); en 2017, année où j’ai été nommée meilleure enseignante de mon département, ils m’ont également gratifiée d’un beau discours de remerciement. Je suis très épanouie dans ce métier que j’ai choisi par vocation. J’aime enseigner car j’aime transmettre les connaissances que j’ai moi-même acquises. Être professeur est un métier dans lequel je suis vraiment à l’aise car je n’y ai que des amis. Mes collègues sont mes amis, mes élèves le sont aussi et j’en suis vraiment ravie.

Focus Africa: Parlez-nous de votre association AFADD et le rôle que vous y jouez…

Awa SOW: L’AFADD ( Association des Femmes Africaines pour un Développement Durable) est dirigée par Mme Aissatou Guèye, une femme très entreprenante, dynamique, sociale et solidaire envers toutes les femmes. Je vous ai d’ailleurs dit que toutes les couches sociales coexistent au sein de cette association. Mon rôle spécifique dans  cette association est de coordonner les différentes actions. Je coordonne les thèmes à développer tout en maintenant un contact permanent avec la présidente. Nous abordons des thèmes de société. Nous discutons de tout. Nous parlons de mendicité, de maladie,  de  bon voisinage, de l’utilisation des réseaux sociaux etc. Nous développons de très nombreux thèmes que nous abordons en français en premier lieu puis ensuite dans notre langue accompagné d’un enregistrement vocal pour mieux illustrer. Le vocal est un support qui traduit ce qui est écrit pour mieux communiquer et avoir le maximum de partage et d’efficacité.

Focus Africa: Quels sont les projets de cette association ? À court terme et à long terme?

 Awa SOW: L’unique projet de l’association est la promotion et l’apport d’une aide aux femmes (surtout les femmes rurales) destinée à suivre tout d’abord une formation, avoir un financement ensuite et enfin à tenter des activités génératrices de revenus.

Focus Africa: Qui vous aide? Quels sont vos financements ?

Awa Sow: Nous cherchons des bailleurs seulement. Nous n’avons pas de bailleurs fixes. Nous apportons un dossier en dégageant le contexte et la justification puis nous négocions afin d’obtenir un financement.  Si celui-ci est accordé, nous revenons vers les femmes qui en sont les principales bénéficiaires et nous le leur distribuons sous forme de crédit revolving qui sera remboursé avec un léger intérêt. Ce crédit est remboursable sur une durée plus ou moins longue dans le but d’alléger le remboursement.

Focus Africa: Grâce à votre dynamisme, vous êtes appelées à rejoindre d’autres femmes, lors de ce Forum international des femmes Africaines et de la diaspora  à Kinshasa en mars 2021. Qu’allez- vous leur dire ?

Awa Sow : Pour ce forum qui aura lieu en mars 2021, j’ai déjà été informée des différents thèmes à développer.  Parmi ces thèmes , nous les femmes sénégalaises partagerons le peu que nous connaissons avec nos autres sœurs Africaines que nous allons rencontrer sur place. Nous allons parler de notre pays.

Je pense que vous êtes informé que le Sénégal est le pays mis à l’honneur pour cette troisième édition du forum international des femmes. Madame Gisèle KATAL nous avait demandé de choisir un thème sur lequel nous devions nous pencher pour le développer le jour du forum, l’exposé devant durer quarante cinq minutes suivies de quinze minutes allouées aux différents intervenants pour les questions. Nous sommes en train de préparer cet exposé.

Focus Africa: Quel est le thème que vous avez choisi et qui sera développé au cours de ce forum?

Awa Sow: Le thème choisi est le suivant:  » L’essor de l’entrepreneuriat féminin, moteur du développement du continent africain « 

Focus Africa: Très bien, vous avez accepté de rejoindre d’autres femmes africaines, pour quoi faire ? Faire bloc ? Donner un coup de pouce ? Quel est le but ?

Awa Sow:  Le premier but c’est d’abord  de découvrir qui sont ces femmes… Quelles sont leurs activités ? Comment fonctionnent-elles ? Parce que je crois que nos cultures ne sont pas les mêmes.  Les raisonnements peuvent être différents à l’intérieur d’un même pays et, à plus forte raison, entre deux pays différents. Mais  nous allons partager ce que nous savons avec les femmes que nous rencontrerons sur place et nous tenterons de recevoir quelque chose d’elles. Nous allons échanger et partager. Après un exposé, les questions font l’objet de débats interactifs. Ce sera le rendez-vous du donner et du recevoir.

Focus Africa: Nous arrivons au terme de cet entretien, quel message voulez-vous transmettre aux femmes sénégalaises d’abord, africaines ensuite?

Awa Sow: Le message que je voulais passer aux femmes de manière générale, africaines comme sénégalaises, c’est qu’elles  osent affronter les situations car comme dit l’adage «  qui ose, gagne ». Qu’elles posent des actes et essaient de sortir de ce gouffre qui leur fait croire qu’elles ne peuvent pas aller de l’ avant. Les femmes ont des potentialités qui sont naturelles en elles. Si elles les exploitent, elles pourront gagner beaucoup de choses. Je vous rappelle que le problème majeur des femmes est qu’elles sont souvent victimes d’un manque de formation, et cela est un blocage majeur qui peut freiner les femmes et à tous les niveaux . J’appelle et j’exhorte toutes les femmes à suivre une formation d’abord et s’ouvrir vers d’autres horizons pour acquérir le plus d’expérience possible. Voilà mon message pour les femmes.

Focus AFRICA: Quel est votre mot de la fin ?

Awa Sow: Mon mot de la fin, c’est de remercier madame la présidente et marraine de ce forum, Aissatou Guèye. Je la remercie de m’avoir offert l’opportunité de pouvoir participer à ce rendez-vous si important.  Je souhaite remercier également toutes les dames de cette organisation de la 3e édition du forum international des femmes, qui ont eu la générosité de mettre le Sénégal à l’honneur. C’est un beau geste qui nous va droit au cœur et que nous apprécions à sa juste valeur. 


 Uche EJIMS 

Claudia Coccina 

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