Les Turcs au PAC : premier coup de pioche, novembre ?

« Ici il s’agit de la privatisation de la gestion pendant que le port appartient toujours à la Guinée. Nous pouvons sortir de la concession à tout moment, on peut avant les termes 25 ans sortir de cette concession à travers des dispositions reconnues par la constitution. Nous n’avons pas de problème tant qu’il y a des gens qui vous apportent de l’argent et qui modernisent notre port. » Le ministre des Transports est loin d’être en phase avec le contrat. En parcourant les pages de ce document, on peut lire : « Le présent contrat de concession entrera en vigueur dès sa signature. La durée de la concession est fixée à trente (30) ans à compter la date de signature. » On ne sait donc pas de quels 25 ans parle Aboubacar Sylla.

En attendant, le présent contrat de concession a pour objet de « conférer au concessionnaire le droit de détenir, exploiter, réhabiliter, développer et assurer la maintenance du Port de Conakry pendant la période définie aux termes et conditions du présent contrat de concession. Sous réserve des dispositions du présent contrat de concession les parties sont convenues que la date de début de l’exploitation doit intervenir au plus tard dans les 90 jours, la date d’effet, après la date de signature. » Ceci étant dit, le concessionnaire accepte la responsabilité pour le financement, la réhabilitation, la gestion, le fonctionnement, l’entretien et le développement et l’extension, l’optimisation du périmètre et l’exécution de tout travaux de développement qu’il estime utiles à sa mission jusqu’à la fin de la période de concession à ses propres frais définis et approuvés par le concédant.

Un boulevard pour la corruption…

Selon la presse locale, la société turque Albayrak TurizmSeyahatInsaat Ticaret SA, appartient au beau-fils du président Erdogan. Ce beau-fils, époux d’Esra Erdogan a été cité dans plusieurs affaires de corruption (Panama Papers), notamment le vol du pétrole irakien vendu par Daech à vil prix. Il se trouve que certains points de la concession constituent à eux seuls, un boulevard pour des dessous de table.

En exemple, il est stipulé qu’il faut « Aider et faciliter au Concessionnaire pour obtenir tous les permis, licence, approbations, exonérations, avantages fiscaux pour l’exploitation et l’utilisation du port. » On le sait que dans les Mines, les permis, licences et autres constituent une source d’enrichissement illicite de certains hauts perchés disséminés entre des structures techniques rattachées des départements ministériels jusque sous les lambris de Sékhoutouréya. Surtout que la société turque elle-même sait bien huiler le système. Un second boulevard est celui lié à la totale sécurité du concessionnaire. Il est dit en effet de protéger le concessionnaire de tout abus, que ça provienne d’un changement de climat politique, de pouvoir ou d’administrateurs.

Au niveau guinéen, on sait comment cela fonctionne. Pour peu qu’on pense aux conseillers militaires qui écument les Mines et qui exigent bien trop de l’investisseur. Des billets de banque sont parfois acheminés jusqu’à la Défense et/ou au Haut commandement de la gendarmerie. Déjà, peut-on lire dans le contrat, « La police publique et service de garde-côtes peuvent prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des personnes et des biens dans le port et le périmètre à leurs propres frais et en consultation avec le concessionnaire. » Comprendra qui pourra, car, le premier coup de pioche devra intervenir en novembre.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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