Liban : les participants au marathon de Beyrouth réclament leur Premier ministre

Traditionnellement, les participants au marathon de Beyrouth courent pour la recherche médicale ou pour les droits de l’Homme. Dimanche matin, parmi les dizaines de milliers de Libanais qui ont pris part à la 15e édition de l’épreuve, beaucoup ont témoigné leur soutien à Saad Hariri, leur Premier ministre.

Le 4 novembre, alors que le chef du gouvernement libanais se trouvait en Arabie saoudite, les autorités de Ryad ont annoncé sa démission à la surprise générale. Depuis, il n’a pas regagné son pays et des rumeurs affirment qu’il est retenu contre son gré dans le royaume sunnite ultraconservateur.

Sportif, Saad Hariri avait participé au marathon ces dernières années. Son absence n’en a été que plus remarquée. Sur la ligne de départ, en centre-ville, un grand panneau rouge accueillait les coureurs avec une photo du Premier ministre et le message : « Nous vous attendons tous ».

Un hashtag en arabe « courez pour Saad »

« Rendez-nous notre Premier ministre », pouvait-on lire sur des pancartes affichant son visage souriant, tenues par les coureurs. Des jeunes distribuaient des bouteilles d’eau avec le même slogan ainsi que des casquettes et des t-shirts flanqués du message : « Nous courons pour vous ».

AFP/Anwar Amro

« J’avais besoin d’une casquette et j’aime le Liban, alors j’ai pris une casquette », a confié Nisrine Chamseddine, 30 ans, qui venait d’achever une course de huit kilomètres. Sur les réseaux sociaux, les participants ont partagé des photos de l’évènement, accompagnées du hashtag en arabe « courez pour Saad » ou encore « Saad va revenir ».

Samedi, le président Michel Aoun avait exhorté les participants à courir « en solidarité avec le Premier ministre Hariri » et « pour son retour dans son pays ». Il a également appelé Ryad à « clarifier les raisons empêchant Saad Hariri de revenir au Liban ». Le président libanais n’a pas formellement accepté la démission de son Premier ministre, dont il a qualifié les circonstances d’« inacceptables ».

Le Hezbollah et l’Iran soupçonnés

Lors de l’annonce de sa démission, Saad Hariri a accusé le mouvement armé Hezbollah et son allié iranien de « mainmise » sur le Liban, disant craindre pour sa vie. Cette démission choc a pris de court la classe politique au Liban, où l’on s’interroge sur la liberté de mouvement du chef du gouvernement.

Vendredi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a accusé l’Arabie saoudite de « détenir » le Premier ministre libanais, qui possède également la nationalité saoudienne.

Samedi soir, Emmanuel Macron, qui a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane jeudi à Ryad, a appelé « à préserver la souveraineté » du Liban, lors d’un échange téléphonique avec son homologue libanais.

Les Etats-Unis ont eux qualifié Saad Hariri de « partenaire solide », et exhorté à « respecter l’intégrité et l’indépendance des institutions nationales légitimes » du pays.

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