Liberté de presse en Guinée : Alpha et Cellou apprécient différemment

Le dernier classement de reporter sans frontière sur la liberté de presse place la Guinée au 104ème rang mondial, contre 101ème en 2017. Un recul de trois places par rapport à l’année dernière.

En réaction à ce classement, le Chef de l’Etat guinéen tient pour responsables de ce recul, les hommes des médias eux-mêmes.

Présent à la Maison de la presse, le jeudi 03 mai, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la presse, en présence du Chef de file de l’opposition guinéenne, Alpha Condé n’est pas du tout content de ce classement.

« Comment la Guinée peut être classé 104e par le reporter sans frontière et pourtant je n’ai emprisonné aucun journaliste… Au Sénégal ou en Côte D’Ivoire les journalistes sont enfermés… Alors répondez-moi pourquoi la Guinée est classé après ces pays là ? », S’interroge le numéro un guinéen qui a piqué une colère noire devant les hommes des médias, en ignorant leur doléance.

Mais ce n’est pas tout ! Alpha Condé estime que les hommes des médias guinéens ne font pas correctement leur travail.

« Vous responsables de médias, vous ne jouez pas votre rôle pour améliorer vos conditions. Vous ne faites pas des investigations. Vous passez tout votre temps à critiquer le président dans les radios », a –t-il fustigé.

Poursuivant, le locataire du palais Sékhouréyah prévient : « Si j’appliquais la loi, la moitié d’entre vous seraient arrêtés pour diffamation ou injures au chef de l’Etat. Si on appliquait la loi, beaucoup d’entre vous ne seraient pas dans cette salle ».

N’ayant pas eu droit à la parole, au cours de la cérémonie, Cellou Dalein Diallo, qui a quand même accordé une interview aux hommes des médias au sortir de la salle, croit au progrès enregistré en Guinée en matière de liberté de presse, mais qui ne date pas d’aujourd’hui, qui remonte depuis le temps du feu Général Lansana Conté.

« Moi, je pense qu’il y a eu des acquis importants qui ne datent pas de 2011. Il y a la libéralisation de la presse, la prolifération des radios privées. On peut tout reprocher à Conté, mais la presse était quand même libre à son temps. C’est là que je ne suis pas d’accord avec le Président (Alpha Condé NDLR). Cette presse a quand même connu quelques acquis. Si le Président dit qu’il n’examinera les doléances de la presse que lorsqu’ils auront réagi à ce classement, en dénonçant le classement de RSF qui n’a pas été très favorable à notre pays, je pense que cela ressemble un peu à de la corruption», explique le Chef de file de l’opposition guinéenne qui conteste Alpha Condé qu’il a rencontré occasionnellement jeudi à la Maison de la presse à Coléah.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

 

 

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