L’Irlande du Nord désormais isolée sur la libéralisation de l’IVG

Le vote de l’Irlande pour la libéralisation de l’avortement fait des émules dans la partie britannique de l’île, à la législation très restrictive.

Arlene Foster, la cheffe du Parti démocratique unioniste d’Irlande du Nord (DUP), à Londres, en novembre 2017.

Le oui massif des Irlandais à la libéralisation de l’avortement, lors du référendum du 25 mai, a une conséquence imprévue : mettre en lumière le retard de l’Irlande du Nord, province du Royaume-Uni, en matière de libre choix des femmes. Dimanche, les appels se sont multipliés à l’adresse de Theresa May pour qu’elle prenne l’initiative de modifier la loi spécifique très restrictive en vigueur à Belfast. Alors que la Grande-Bretagne possède une des législations les plus libérales d’Europe, l’Irlande du Nord limite l’IVG aux cas où il existe un risque pour la vie de la femme ou sa santé mentale ou physique « à long terme ».

Pour la première ministre conservatrice, la question relève du piège politique car elle a besoin, pour sa majorité au Parlement de Westminster, de l’appoint des dix députés du Parti démocratique unioniste (DUP), opposé à l’IVG.

Quelque 160 députés ont signé une lettre de la députée travailliste Stella Creasy, appelant le gouvernement à légiférer pour le « droit au choix » en Irlande du Nord. L’initiative tient aussi de la manœuvre politique, car la question est censée être du ressort du gouvernement et de l’Assemblée régionale d’Irlande du Nord, institutions qui sont suspendues depuis plus d’un an en raison du désaccord entre le DUP et le Sinn Fein (nationaliste), codétenteur du pouvoir en vertu de l’accord de paix de 1998. Le résultat du référendum en Irlande n’aura « pas d’impact » en Irlande du nord, a assuré Arlene Foster, la cheffe du DUP, en estimant que c’est à l’Assemblée de Belfast d’en débattre et en rappelant le credo « pro-life » – opposé à l’avortement – de son parti.

Porte-à-faux

Pour Theresa May, il n’est pas question que le Parlement de Londres débatte de la question – non qu’elle soit opposée à l’IVG, mais parce qu’un tel débat la mettrait en porte-à-faux avec le DUP, son allié depuis les législatives de 2017 qui lui avaient fait perdre sa majorité. Quant à l’argument de la décentralisation…

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